2026 Patrice Cani

 


Fundamental Biomedical  Research

Full Professor of Physiology, Metabolism and Nutrition
Visiting Professor at Imperial College London
Honorary Research Director FRS-FNRS
Member of the Royal Academy of Medicine of Belgium
UCLouvain
Louvain Drug Research Institute (LDRI) & Institute of Experimental and Clinical Research (IREC)
WEL Research Institute

Parcours – Recherche – Rapport du jury

 

Son parcours

Patrice Cani naît le 26 décembre 1977 en Belgique, fils d’une mère française d’origine espagnole et d’un père italien. Enfant de deux cultures d’immigration, il grandit avec le goût du dépassement de soi et une curiosité insatiable pour les sciences de la vie. Très tôt fasciné par la nutrition et ses effets sur le corps humain, il entame ses études supérieures en diététique (1995) avant de rejoindre la Faculté de Médecine de l’UCLouvain, où il obtient successivement un master en sciences biomédicales (nutrition humaine) (2000), un master en sciences de la santé, puis en 2005 un doctorat en sciences biomédicales spécialisé en physiologie, métabolisme et nutrition, sous la direction de la Professeure Nathalie Delzenne. Le Professeur Louis Hue, dont les travaux en biochimie et physiologie du métabolisme du glucose ont fait référence, reste pour lui l’une des figures scientifiques les plus marquantes de cette période fondatrice.

À l’issue de son doctorat, il rejoint le laboratoire du Professeur Rémy Burcelin à l’Inserm de Toulouse pour un séjour postdoctoral décisif. C’est là qu’il découvre le concept d’« endotoxémie métabolique » et que naissent les premières grandes découvertes sur le rôle du microbiote intestinal dans le déclenchement de l’inflammation de bas grade, de l’insulinorésistance et du diabète de type 2. Ces travaux, publiés en 2007, feront d’eux des pionniers mondiaux du domaine.

De retour à UCLouvain, en 2009, il développe son groupe de recherche au sein du Louvain Drug Research Institute (LDRI), Faculté de Pharmacie et Sciences Biomédicales, en tant que chercheur qualifié du Fonds de la Recherche Scientifique (FRS-FNRS), puis maître de recherche (2017) et directeur de recherche (2021). En 2023, il est nommé Professeur ordinaire de physiologie, métabolisme et nutrition à UCLouvain. Depuis 2010, il est Professeur invité à l’Imperial College London, et a occupé des chaires invitées à l’Université Paul Sabatier de Toulouse et à l’Université de Cagliari (Italie), autant de marques du rayonnement international de ses recherches.

En 2013, il cofonde avec le Professeur Claude Knauf le NeuroMicrobiota Lab, un réseau de collaboration internationale (Inserm/UCLouvain) dédié à l’exploration des liens entre microbiote intestinal, métabolisme et cerveau. Il décroche la même année un ERC Starting Grant (projet ENIGMO). En 2016, il crée la spin-off A-Mansia Biotech (rebaptisée The Akkermansia Company), dédiée à la valorisation de ses découvertes sur la bactérie Akkermansia muciniphila. Cette entreprise pionnière des applications nutraceutiques du microbiome est acquise par un acteur industriel majeur en 2025, ouvrant la voie à une distribution commerciale à grande échelle.

Auteur de plus de 400 publications scientifiques, revues et chapitres de livres, selon Scopus il est cité plus de 80 000 fois (indice H : 123) et selon Google Scholar plus de 114 600 fois (indice H : 144). Il figure chaque année depuis 2016 dans la liste des « Highly Cited Researchers » de Clarivate (top 1 % des chercheurs les plus cités au monde) et, depuis 2020, dans le classement « Top 2 % Most Influential Scientists in the World » de l’Université de Stanford. Il a donné plus de 400 conférences pour partager ses découvertes à travers le monde. Parmi ses distinctions les plus marquantes : il a reçu le Prix Baillet Latour (2015), l’ERC Proof-of-Concept Grant (2016), la Chaire Bauchau à l’Université de Namur (2016), la Chaire Francqui à l’Université de Liège (2017) et le Prix AstraZeneca (2022). Patrice Cani est membre titulaire de l’Académie Royale de Médecine de Belgique depuis 2021. Il consacre également une part importante de son énergie à la formation de la relève scientifique. Il a dirigé 16 thèses de doctorat (3 autres sont en cours), encadré de nombreux chercheurs postdoctoraux et contribué à l’essor académique de plusieurs élèves aujourd’hui professeur·e·s à UCLouvain ou chercheur·euse·s dans différents pays. Il assure en outre 120 heures d’enseignement par an et participe activement à la gouvernance universitaire, notamment au sein du LDRI en tant que vice-président et membre du conseil de la recherche de l’UCLouvain.

Patrice Cani est marié à Christine Feyt, pharmacienne et Docteure en sciences biomédicales et pharmaceutiques (neurosciences). Ensemble, ils ont deux filles, Manon et Emilie, toutes deux animées par la même passion pour les sciences et la médecine : l’une achève sa deuxième année de médecine à l’UCLouvain, tandis que l’autre se prépare à relever le défi du concours d’entrée. Une vocation qui, décidément, se transmet.

 

Sa recherche

 

Les travaux de Patrice Cani s’inscrivent à l’intersection de la nutrition, du microbiote intestinal et des maladies métaboliques, avec une ambition constante de relier la recherche fondamentale à l’application clinique et sociétale.

Lors de sa thèse de doctorat, il a mis en lumière l’existence d’un axe intestin-cerveau impliquant certains nutriments (prébiotiques) et le microbiote intestinal dans la régulation du contrôle de l’appétit et du métabolisme du glucose. Ses travaux ont identifié chez l’animal et chez l’humain le rôle essentiel joué par l’hormone intestinale GLP-1.

Sa première contribution majeure remonte à 2007 : lors de son séjour postdoctoral dans le laboratoire du Pr. Burcelin à Toulouse, il démontre qu’un régime riche en graisses induit le passage de lipopolysaccharides bactériens de la lumière intestinale vers la circulation sanguine, un phénomène qu’il nomme « endotoxémie métabolique ». Ce mécanisme déclenche une inflammation chronique de bas grade, aujourd’hui considérée comme l’un des facteurs centraux dans le développement de l’obésité, du diabète de type 2 et de la stéatose hépatique. L’article fondateur publié dans la revue Diabetes (2007) a été cité plus de 8 400 fois (Google Scholar) et a profondément reconfiguré notre compréhension des liens entre microbiote intestinal et pathologies métaboliques.

S’appuyant sur des modèles précliniques génétiquement modifiés qu’il a généré, il a ensuite mis en évidence le rôle du système endocannabinoïde dans la médiation des effets du microbiote sur les voies neuroendocrines, établissant ainsi un axe intestin-cerveau. Une étude publiée en couverture de Nature Metabolism (juin 2025) a par ailleurs démontré pour la première fois qu’en activant le système nerveux sympathique intestinal, des neurones hypothalamiques peuvent remodeler rapidement la composition du microbiote, révélant ainsi une voie descendante causale cerveau-microbiote et bouclant le circuit de communication bidirectionnelle entre l’intestin et le cerveau.

La contribution la plus emblématique de Patrice Cani concerne la bactérie Akkermansia muciniphila. Dans une étude publiée dans PNAS en 2013 (citée plus de 5 400 fois), il établit une relation causale entre cette bactérie et la santé métabolique dans des modèles murins d’obésité et de diabète de type 2. Son équipe démontre que la forme pasteurisée de la bactérie conserve, voire amplifie, ses effets bénéfiques sur la barrière intestinale et le métabolisme et identifie ensuite la protéine membranaire Amuc_1100 comme étant un des mécanismes moléculaires expliquant les effets de la bactérie (Nature Medicine, 2017, 2 450 citations). Ces découvertes ouvrent la voie à une étude exploratoire clinique de preuve de concept chez l’humain (étude Microbes4U), dont les résultats, publiés dans Nature Medicine en 2019 (2 500 citations), montrent pour la première fois chez des sujets en surpoids ou obèses une amélioration significative de la fonction barrière de l’intestin et de marqueurs métaboliques comme les lipides sanguins, l’inflammation et la sensibilité à l’insuline. La forme pasteurisée d’A. muciniphila a depuis reçu une autorisation en tant que novel food auprès des autorités européennes, britanniques et américaines, et est désormais disponible commercialement dans le monde entier.

En parallèle, son équipe a découvert, isolé et nommé une nouvelle bactérie commensale humaine (Dysosmobacter welbionis). Ses effets protecteurs sur les maladies métaboliques ont été corrélés dans de grandes cohortes humaines (environ 12 000 individus) et démontrés à plusieurs reprises dans des modèles précliniques. Des travaux récents montrent en outre que cette bactérie atténue les comportements anxieux et liés au stress chez la souris obèse, ouvrant une nouvelle piste sur les liens entre microbiote intestinal et santé mentale.

Par l’ensemble de ces travaux, Patrice Cani a transformé notre vision du rôle de l’intestin dans la santé et la maladie, faisant du microbiome un acteur central de la physiologie métabolique et une cible thérapeutique de premier plan, en passant du laboratoire au chevet du patient. Son motto est : « In Gut We Trust ».

 

Rapport du jury (24 avril 2026)

The 2026 Francqui-Collen Prize in Fundamental Biomedical Research is awarded to Prof. Patrice Cani, for his studies aimed at understanding how the bacteria in the gut affect the health of patients. In particular, his work has shown that a single bacterial species in the human gut can be beneficial and he demonstrated that a single protein of this bacterium is responsible for this effect. His work has demonstrated that the bacteria in the gut influence how the human brain functions and conversely, that the human brain influences the barceria in the gut. He has brought his discoveries to patients through a company he established.

Patrice Cani obtained his PhD in Biomedical Sciences from the UCLouvain in 2005. Since 2023 he has been appointed as a full professor  at UCLouvain.

He has received multiple awards and honors for his work including:

  • 2022 Laureate of a WELBIO Advanced grant (Walloon Excellence in Lifesciences and BIOtechnology)
  • 2022 Medal of the Royal Academy of Medicine of Belgium
  • 2022 AstraZeneca Foundation Prize
  • 2021 Full member of the Royal Academy of Medicine of Belgium
  • 2019 Award for Excellence in Biomedical Research and Creativity from the joint scientific committee of the Academies of Medicine of Belgium and France, and the Council of the JA DeSève Research Chair
  • 2018 Prize of the National TV RTBF for “The ability of popularization Science work”
  • 2017 Belgian Endocrine Society Award
  • 2017 Laureate of a FRFS-WELBIO grant (Walloon Excellence in Lifesciences and BIOtechnology)
  • 2017 Francqui Chair 2017 (U Liège)
  • 2016 Elected Associate member of the Royal Academy of Medicine of Belgium
  • 2016 Laureate of the International Prize of Physiology “Lucien Dautrebande” shared with N.Delzenne
  • 2016 Adrien Bauchau Chair 2016 (UNamur)
  • 2016 Laureate of a PoC ERC Grant 2016, Microbes4U
  • 2015 Officer of the Walloon Merit (O.M.W.)
  • 2015 Laureate of the Baillet Latour Grant for Medical Research 2015
  • 2015 Laureate of the St Luc foundation Transatlantic Bank of Belgium prize
  • 2015 Laureate of a FRFS-WELBIO grant (Walloon Excellence in Lifesciences and BIOtechnology)
  • 2013 Laureate of an ERC Starting Grant 2013, ENIGMO
  • 2013 Laureate of a WELBIO starting grant (Walloon Excellence in Lifesciences and BIOtechnology)
  • 2012 Laureate of the SFD (Société Francophone du Diabète) prize, « foreigner researcher »
  • 2010 Danone Institute Human Nutrition Research program
  • 2009 Laureate of the SFD (Société Francophone du Diabète) “Special Research Allocation”
  • 2007 Young Scientist FENS Award “Federation of the European Nutrition Society

Patrice Cani has scientifically distinguished himself through his contributions to understanding the interplay between the gut microbiome, host metabolism and the causation of diseases, especially affecting the important modern epidemics of type 2 diabetes, obesity, cancer and cardiovascular disease. To date, he has published 369 papers that together have been cited over 100,000 times. His discoveries started using mouse models and he successfully confirmed his findings in human studies. He went on to show the importance of a single bacterium, Akkermansia muciniphilia in mouse and human disease, demonstrated that pasteurisation did not remove its beneficial effects and that one specific protein from the bacterium, Amuc_1100, could reproduce the same effect. He subsequently translated these findings into a University spin out company. He has contributed to our understanding of not only the gut – brain axis but also the reverse a brain – gut axis! More recently he has identified a second bacterium that appears to have beneficial effect on the mental state of mice. We look forward to human studies.

For these reasons, the jury has selected Patrice Cani for the 2026 Francqui-Collen award in Biological Sciences.

 

Membres du jury international

Professor René BERNARDS (Président)

Emeritus Professor of molecular carcinogenesis at Utrecht University

Senior staff scientist at division of molecular carcinogenesis at the Netherlands Cancer Institute.

          

et

Professor Leila Akkari

Professor of cancer-immune interaction at Leiden University

Group Leader at the Netherlands Cancer Institute, Oncode Investigator

Expert in Immuno-oncology, murine models of cancer, tumor microenvironment.

Winner of the 2025 Ammodo Award.

Professor David Andersson

Professor of Neuroscience

Wolfson SPaRC, Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience

King’s College London

Professor Boudewijn Burgering

Professor at University Medical Center Utrecht

Department Molecular Cancer Research Center for Molecular Medicine

Professor Crisanto Guttierez

Professor at Spanish National Research Council
Centro de Biología Molecular Severo Ochoa

Expert in Genome Dynamics and Function

Professor Guido Kroemer

Professor of the Faculty of Medicine at Paris Descartes University.

Director of the INSERM and the Metabolomics and cell biology platforms of Gustave Roussy

Professor Axel Loewe

Head of Computational Cardiac Modeling

Institute of Biomedical Engineering

Karlsruhe Institute of Technology

Professor Phil Quirke

Professor of Pathology at University of Leeds

Leader of the Leeds Institute of Medical Research Division of Pathology and Data Analytics and the Pathology Colorectal Cancer Group

Academic Training Programme Director for West Yorkshire

Honorary Consultant Pathologist at the Leeds Teaching Hospitals NHS Trust

Professor Neeltje Steeghs

Professor of medical oncology at University Medical Center Utrecht

Medical oncologist and clinical pharmacologist at Netherlands Cancer Institute – Antoni van Leeuwenhoek

Expert in Early Clinical Drug Development in Oncology

Professor Laura van’t Veer

Professor of Laboratory Medicine

Leader of the UCSF Helen Diller Family Comprehensive Cancer Center Breast Oncology Program

Group leader molecular pathology for the Department of Pathology and Division of Experimental Therapy of The Netherlands Cancer Institute.

Leader of the Breast Oncology Program

Associate Director Applied Genomics at the HDFCCC

Professor Lynda Wyld

Professor of Surgical Oncology at University of Sheffield
School of medicine and Population Health

President-Elect of the Association of Breast Surgeons

President of the European Breast Examination Board

 

Discours du Président Herman Van Rompuy

(Le 2 juin 2026 – Palais des Académies – Bruxelles)

 

We komen elk jaar samen op dit feest van de wetenschap. De jongste jaren is het telkens in een andere context op wereldvlak. Elke dag worden wij wakker met de vraag welk nieuw onweer vandaag op ons afkomt. Daarom is het zo belangrijk dat we hier samen zijn, bovendien in de zeer gewaardeerde aanwezigheid van Z.M. De Koning, om hulde te brengen aan twee onderzoekers die de mensheid en de mensen vooruit willen helpen, die de gezondheid en het welzijn van velen voor ogen hebben, die hun kennis ten dienste stellen van het goede. Hoe mooi klinkt dat eenvoudig woord van goedheid in een wereld die te vaak het boze laat zien.  De Francqui Stichting staat nu bijna honderd jaar ten dienste van dat doel. Meer dan ooit willen wij die taak verderzetten.

Zoals u weet is het een internationale jury die de Francqui-Collen prijswinnaars voorstelt aan de Stichting. Ze zijn de waarborg voor onafhankelijkheid en deskundigheid.

Dit jaar zijn de laureaten Prof. Diether Lambrechts (KUL) en Prof. Patrice Cani (UCL) voor resp, de medische en de biologische wetenschappen. Beiden legden een bijzonder parcours af: de eerste studeerde voor bio-ingenieur, de tweede behaalde eerst het diploma in de diëtetiek. Beiden koppelden hun onderzoeksresultaten aan praktische toepassingen en aan het oprichten van eigen start-ups. Hierbij volgen zij het voorbeeld van Prof. Désiré Collen, naar wie deze prijs ook genoemd is.

C’est précisément ce dont nous avons tant besoin en Europe : cette alliance entre inventivité et innovation, la concrétisation de la recherche dans la réalité économique et sociale.

Voor zowel darm- als eierstokkanker ontdekten Prof. Lambrechts en zijn team twee specifieke biomerkers, meetbare indicatoren die iets vertellen over het onderliggend ziekteproces in de kanker. Aan de hand van deze indicatoren kunnen artsen een heel duidelijk ‘ja’ of ‘nee’ antwoord krijgen op de vraag of de patiënt baat heeft bij een specifieke behandeling, zoals immunotherapie.Dank zij prof. Lambrechts zijn we voor specifieke analyses inzake kanker niet meer afhankelijk van andere globale actoren en kan men vandaag hiervoor in België blijven, wat dus een pak goedkoper en toegankelijker is. Prof. Lambrechts zegt terecht:  “Er zijn in de wetenschap miljoenen biomerkers beschreven, maar er zijn heel weinig onderzoekers die erin slagen om mede hierdoor effectief een verandering te brengen voor iemand die vandaag of morgen de diagnose kanker krijgt. Dat is waar wij het voor doen”.  Het is meer dan een ontdekking. Het is een weldaad.

Le professeur Patrice Cani n’en est pas moins passionné et ambitieux, mais il commence modestement en déclarant : « À l’époque, je ne me suis vraiment pas réveillé en me disant : « Aujourd’hui, je vais travailler sur cette bactérie en particulier. » » C’est ce que l’on appelle la sérendipité, un phénomène bien connu dans le monde scientifique, mais aussi dans la littérature et la poésie. On trouve ce que l’on ne cherchait pas. Mais celui qui cherche avec acharnement rencontre plus vite le hasard. Le professeur Cani a constaté un lien entre l’absence de cette bactérie et des maladies telles que le diabète et l’obésité. L’administration de cette bactérie à ces patients a renforcé à la fois la fonction de barrière de l’intestin et le système immunitaire. Le professeur Cani ajoute : « C’est pourquoi nous avons créé en 2016 une spin-off universitaire, car nous voulions toucher un public aussi large que possible. Ainsi, cette découverte est effectivement passée du laboratoire à l’homme, et la bactérie est désormais disponible dans le commerce à l’échelle mondiale. » Notre lauréat fait partie du top 1 % des scientifiques les plus cités au monde. Vous voyez où la sérendipité peut mener !

En lisant tout cela dans le rapport du jury et ailleurs, je me suis dit qu’ils avaient tous deux leur place dans l’illustre galerie des lauréats du prix Francqui-Collen. Je me souviens de la célèbre phrase prononcée il y a plusieurs siècles, lorsqu’un grand écrivain français ne fut pas admis à l’Académie. « Rien ne manquait à sa gloire ; il manquait à la nôtre. » Cette phrase aurait pu s’appliquer à notre Fondation : si vous n’aviez pas été lauréats, vous nous auriez manqué.

Une autre présence qui nous manque au sein de la Fondation est celle du comte Étienne Davignon, avec ses solutions brillantes même pour des petits problèmes, sa sagesse, sa gentillesse et sa loyauté. Il était toujours membre de notre comité financier à ma demande expresse, après avoir siégé au Conseil d’administration de la Fondation pendant des décennies.

In de vaak onmenselijke wereld die ons omringt worden wij nog gevoeliger voor menselijkheid. De strijd tegen ziektes is een uitdrukking hiervan. Het is een zaak van goede wil maar ook van competentie en excellentie, van organisatie en moed. Onze laureaten verdienen nog vele navolgers in het Noorden en in het Zuiden van het land.

Wij hebben in Europa een uniek model tot stand gebracht van voorspoed voor allen, niet alleen voor de happy few of voor oligarchen. Europa wil geen terrritorium veroveren of vernietigen. We trokken de harde lessen uit ervaringen uit ons eigen verleden. Geen model of geen instelling is echter eeuwig. Ze moeten elke dag en met elke generatie de test van de geschiedenis doorstaan. Dat is het werk van ons allen. Zeker degenen die talent hebben en verantwoordelijkheid dragen, moeten zich daar ten volle van bewust zijn. Daarom zijn ook onze twee laureaten rolmodellen voor hun studenten en voor velen buiten hun auditoria. Terecht zullen zij zeggen dat dit ook een beloning is voor de mensen van hun team. En dat is ook zo.

Nous vivons dans un monde où l’espoir est plus que jamais nécessaire. Nous espérons tous plus d’espoir. La perspective que la science puisse soulager ou changer le sort des patients est un tel signe d’espoir. Elle donne également tout son sens au travail du Prix Francqui-Collen.

L’espoir et le sens ne naissent que de l’engagement envers les autres.

En ces temps troublés que nous traversons, nous devons rester fidèles à l’amour de la vérité. La vérité est en danger. La manipulation et la tromperie gagnent du terrain. Parallèlement, nous devons continuer à chérir l’amour pour nos frères et soeurs humains.

Si nous restons attachés à ces deux valeurs, nous resterons sur la bonne voie.