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2010 – Rapport Jury François Maniquet – Fondation Francqui – Stichting
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Emile Francqui
Fondation d’Utilité Publique  –  Stichting van Openbaar Nut

2010 – Rapport Jury François Maniquet

Remise solennelle du Prix Francqui
par Son Altesse Royale Le Prince Philippe
au Palais des Académies le 9 juin 2010

Son parcours – Ses travaux – Rapport du Jury – Discours

(Photos cérémonie)


François Maniquet

Son parcours

François Maniquet est né à Namur le 3 décembre 1965, il effectue ses études aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, en sciences économiques. Il rédige son mémoire de maîtrise en 1988 sous la supervision du Professeur Jean-Philippe Platteau sur le thème des théories de l’exploitation.

Pendant les deux années qui suivent, il met en suspend son travail de recherche pour accomplir un service civil à l’Université de Paix, une organisation de formation à la prévention et la gestion des conflits fondée par Dominique Pire, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1958. François Maniquet est toujours actuellement membre du Conseil d’Administration de cette institution.

De retour aux Facultés de Namur, il commence sa thèse de doctorat sous lasupervision du Professeur Louis Gevers, sur le thème de la justice économique et de sa mise en oeuvre, thème qui sera le sien tout au long de sa carrière. Lors d’un congrès scientifique en 1992, il rencontre Marc Fleurbaey, alors doctorant de l’EHESS de Paris, et commence avec lui une collaboration scientifique qui est toujours bien active aujourd’hui. Tous deux s’intéressent aux théories économiques de la justice et joignent leurs efforts pour étudier comment il convient de définir la justice dans des situations où certaines inégalités (par exemple celles qui émanent du libre choix des acteurs économiques) ne sont pas nécessairement injustes.

Après avoir défendu sa thèse en mai 1994, François Maniquet effectue plusieurs séjours post-doctoraux aux Etats-Unis (Duke University et University of Rochester) et en Espagne (Universidad Autonoma de Barcelona). De retour en Belgique, il devient Chercheur qualifié au F.N.R.S. en 1997. C’est à cette période qu’il commence à travailler avec le Professeur Yves Sprumont, économiste belge de l’Université de Montréal. C’est aussi à cette période qu’il commence à réfléchir avec Marc Fleurbaey surtout mais aussi, pour certains aspects, avec Yves Sprumont à une nouvelle méthode d’évaluation des politiques publiques qui combinerait les apports traditionnels de l’économie du bien-être et les théories philosophiques de l’égalité des ressources.

En 2001, il repart pour un an aux Etats-Unis, où il est membre du fameux Institute for Avanced Study de Princeton. Il y côtoie de nombreux chercheurs de disciplines diverses et commence une collaboration avec le Professeur Massimo Morelli, membre des départements d’économie et de sciences politiques de la Columbia University, sur le thème de la comparaison des systèmes électoraux.

Il revient ensuite en Belgique, et enseigne, en outre, à la London School of Economics and Political Science, et à l’Ecole Polytechnique à Paris.

En 2004, il reçoit le prix de la « Society for Social Choice and Welfare » qui récompense le meilleur économiste du bien-être de moins de quarante ans. Il reçoit aussi cette année-là le prix Koç du meilleur article paru dans la Review of Economic Design.

En 2005, il quitte son poste F.N.R.S. et les Facultés de Namur pour un poste de professeur à l’U.C.L., au CORE, dont il est toujours membre actuellement. Depuis 2008, il est également part-time professor au Department of Economics de la University of Warwick au Royaume-Uni. A l’automne 2009, il a séjourné un semestre à l’école de Business de la Northwestern University. En 2010, il a occupé la Chaire Francqui au titre belge aux F.U.S.L. à Buxelles.

Outre diverses activités dans des comités de rédaction de revues scientifiques internationales, il est devenu récemment éditeur de la revue Economics and Philosophy.

François Maniquet a épousé en 1990 Hélène Wullus, licenciée en philologie romane et en communications sociales. Elle a enseigné le français comme langue étrangère en Belgique, a enseigné le français à la Princeton University, et travaille actuellement dans la communication. Ils ont trois enfants.

Finalement, ajoutons que parallèlement à sa carrière académique, François Maniquet poursuit une carrière de comédien, au cours de laquelle il a joué dans un long métrage (« J’aurais voulu être un danseur », de Alain Berliner) et, surtout, dans six courts-métrages, dont « Mon cousin Jacques », du réalisateur Xavier Diskeuve, pour lequel il a reçu le prix Jean Carmet du meilleur espoir masculin dans un court-métrage au festival de Moulins en 2004.

* * *

Ses travaux

François Maniquet s’intéresse surtout à la question : qu’est-ce qu’une économie juste ?  En collaboration avec différents coauteurs belges et étrangers, il a développé une méthode générale d’évaluation des situations sociales et des politiques publiques, fondée sur l’objectif d’égalité des ressources: une économie est juste si l’on égalise les ressources dont dispose chaque citoyen pour réaliser ce qui lui semble être une existence réussie. Un tel objectif exige que l’autorité publique intervienne dans la distribution des ressources en octroyant davantage de ressources externes (transferts financiers, financement de l’éducation, financement des soins de santé, etc.) pour contrebalancer les différences de caractéristiques personnelles qui sont source d’inégalités (origine familiale, talents, etc.).

La difficulté de mettre au point une méthode d’évaluation des situations sociales vient de ce que presque toutes les politiques socio-économiques bénéficient à certains au détriment d’autres. Une politique d’allocations familiales, par exemple, revient à taxer les familles sans enfants au profit des familles avec enfants. Autre exemple, une réforme fiscale bénéficie à ceux dont les impôts diminuent, au détriment de ceux qui tirent leur revenu et leur emploi des services publics dont le budget diminue. Justifier ce genre de politique exige que l’on ait développé une notion de niveau de vie individuel qui puisse donner lieu à des comparaisons.

Pendant longtemps, le revenu disponible des gens a paru la bonne manière de mesurer leur niveau de vie. C’est une mesure objective, certes, mais qui a le gros défaut de ne pas tenir compte des choix libres et éclairés que font les gens. Ainsi, si deux ménages vivent dans des circonstances parfaitement identiques, et si l’un des deux ménages décide qu’un des deux partenaires travaillera à mi temps alors que l’autre ménage décide que les deux partenaires travailleront à temps plein, il en résultera une différence de revenu disponible mais pas nécessairement une différence de niveau de vie vu que les différences que l’on observe entre ces deux ménages résultent de leurs choix.

Une manière alternative de définir le niveau de vie est, quant à elle, purement subjective. Il s’agit des sentiments ou jugements de bien-être que les gens expriment pour décrire leur situation. Malgré les recherches dans ce domaine, aucun consensus n’est apparu sur la délicate question de la mesure quantitative de tels sentiments de bien-être, ce qui rend ces théories bien difficiles à appliquer.

La méthode générale développée par François Maniquet fait la synthèse entre les qualités de ces deux approches extrêmes. Elle consiste à calculer des valeurs de paniers de ressources. La mesure reste objective, dans la mesure où l’on évalue des quantités de ressources observables, mais la mesure est aussi partiellement subjective, dans la mesure où l’on s’intéresse à la valeur qu’un panier de ressources a pour une personne, et cette valeur est estimée à partir des choix que les gens font (par exemple, un ménage décidant qu’un des deux partenaires travaillera à mi temps révèle que le panier de ressources dont ils disposeront a plus de valeur pour eux que le panier dont ils auraient disposé s’ils avaient décidé de travailler tous les deux à temps plein).

Une fois résolu le problème de la mesure du niveau de vie, il faut encore résoudre celui de l’agrégation des niveaux de vie individuels en un niveau de vie social. C’est, en gros, la question de l’aversion à l’inégalité. L’absence d’aversion à l’inégalité signifie que seule la taille du gâteau à partager importe (et l’on aboutira assez naturellement à maximiser le taux de croissance du PIB). Plus l’aversion à l’inégalité augmente, par contre, plus on sera prêt à renoncer à une augmentation du gâteau, si celle-ci se fait au détriment des plus pauvres. A l’extrême, l’économiste et philosophe français Kolm a défini une manière radicalement égalitaire d’agréger les niveaux de vie individuels, popularisée par le philosophe Rawls (on parle volontiers d’objectif rawlsien).   Les travaux de François Maniquet ont montré que l’objectif rawlsien était le seul objectif valable, c’est-à-dire que seule une aversion infinie à l’inégalité est éthiquement justifiée, si l’on souhaite égaliser les ressources et prendre en compte les jugements subjectifs que les gens révèlent à travers leurs choix.

François Maniquet a également étudié les institutions qui sont les plus susceptibles de générer une économie juste. Il a, en particulier, étudié les systèmes d’imposition des revenus du travail pour voir quelles devaient être les caractéristiques d’un système de taxe cohérent avec l’objectif d’égalité des ressources. Finalement, il a aussi étudié le lien qui existe entre les différents systèmes électoraux et la capacité des gouvernements à mettre en oeuvre de réelles politiques de redistribution.

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Rapport du Jury (7 mai 2010)

François Maniquet is one of the leading social choice theorists of his generation.

Together with Marc Fleurbaey of Paris, he has developed a highly original theoretical approach to making welfare judgments about the distribution of resources.  The two main concepts in this approach are compensation and responsibility.  On the one hand, this approach seeks to compensate people for disadvantageous circumstances they have no control over : for example, their parents, their upbringing, or their genetic endowment.  On the other hand, it holds individuals responsible for how they choose to use their resources. 

The work has potentially wide application to economic and social policy, notably to the design of tax rules, the allocation of health care, the evaluation of inequality and the study of intergenerational mobility.  The enterprise shows the value of developing ideas from political philosophy to enrich economic analysis.

Jury international dans lequel siégeaient :

Professor Dr Eric S. Maskin
(Albert O. Hirschman Professor in the School of Social Science – The Institute for Advanced StudyPrinceton, NJ – USA).  He has made contributions to many areas of economics, including game theory, political economy, and social choice theory. In 2007 he received the Nobel Memorial Prize in Economics for his work on mechanism design, the theory of how to design institutions for achieving particular social or economic goals. He is a member of the National Academy of Sciences, a fellow of the American Academy of Arts and Sciences and the British Academy past president of the Econometric Society, and president-elect of the Game Theory Society.

                                                                                                    Président

et

Professor Dr Timothy Besley
(Kuwait Professor of Economics and Political Science – Director of STICERDDepartment of Economics  – London School of Economics – London – United Kingdom).  From September 2006 to August 2009, he served as an external member of the Bank of England Monetary Policy Committee. He also serves as a Research Fellow at the Institute for Fiscal Studies and is a program member of the Institutions, Organizations and Growth Program of the Canadian Institute for Advanced Research (CIFAR). Professor Besley was educated at Aylesbury Grammar School and Oxford University where he became a prize fellow of All Souls College. He taught subsequently at Princeton before being appointed Professor at the LSE in 1995. He is a Fellow of the Econometric Society, the British Academy, and the European Economics Association. He is also a foreign honorary member of the American Economic Association. In 2010 will serve as President of the European Economic Association. Professor Besley is a past co-editor of the American Economic Review, and a 2005 winner of the Yrjö Jahnsson Award of the European Economics Association which is granted every other year to an economist aged under 45 who has made a significant contribution to economics in Europe. His research, which mostly has a policy focus, is mainly in the areas of Development Economics, Public Economics and Political Economy.

Professor Dr Philippe Borgeaud
(Université de Genève – Département des Sciences de l’Antiquité – Faculté des Lettres – Suisse).  Philippe Borgeaud est Professeur ordinaire d’histoire des religions antiques à la Faculté des Lettres de l’Université de Genève. Il coordonne un atelier sur les mythes et les rites dans le cadre du projet national suisse sur les émotions. Il a notamment publié au Seuil La Mère des dieux. De Cybèle à la Vierge Marie (1996) et Aux origines de l’histoire des religions (2004), ainsi que des Exercices de mythologie, chez Labor et Fides (2004), et a co-dirigé le volume sur Interprétations de Moïse. Egypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden, Brill, 2010.

Professor Dr Jonathan Cohen
(Princeton Neuroscience Institute – Princeton UniversityUSA).  Jonathan D. Cohen is at Princeton University, where he is the Eugene Higgins Professor of Psychology and one of the two founding Co-Directors of the Princeton Neuroscience Institute.  He is also a Professor of Psychiatry at the University of Pittsburgh Medical School.  Professor Cohen received his undergraduate training at Yale University with majors in Biology and Philosophy, received his medical degree from the University of Pennsylvania, underwent residency training in psychiatry at Stanford University Medical School, and then pursued a PhD in Cognitive Psychology from Carnegie Mellon University.  Professor Cohen’s research focuses on the neural mechanisms underlying cognitive control — the ability to flexibly plan actions and pursue goals that underlies most of the faculties that set humans apart from most other species.  His work draws upon the use of modern human brain imaging methods, including functional magnetic resonance imaging and scalp electrical recordings, as well as the development of neural network models that seek to understand how psychological functions arise from the mechanisms of computation in the brain.

Professor Dr Paolo Galluzzi
(Director of the Museo Galileo. Istituto e Museo Nazionale di Storia della Scienza in Florence since 1982, Paolo Galluzzi is Full Professor of History of Science at the University of FlorenceItalia).  He is a member of the Royal Academy of Science in Stockholm and socio of the Accademia Nazionale dei Lincei. He is the author of more than 200 publications on the activity of the scientists and engineers of the Renaissance (Leonardo and thereabouts), on several aspects of science during the Renaissance and the Scientific Revolution, on scientific terminology, on the activities of Galileo and his school, on the history of the European scientific academies and on the birth and history of the historiography of science.

Professor Dr  Danièle Hervieu-Léger
(Directrice d’études – École des hautes études en sciences sociales (EHESS) Centre d’Etudes Sociologiques et Politiques Raymond Aron  (EHESS – CNRS) ParisFrance).  Danièle Hervieu-Léger, Professor (Directrice d’études) at the Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS, Paris). As a sociologist of religion, she wrote extensively about secularization and religious modernity, utopias and socio-religious movements, and new forms of religiosity. She has been the President of the EHESS from 2004 to 2009.  She currently is the President of the management committee of the Institut National d’Etudes Démographiques (INED).

Professor Dr Drazen Prelec
(Digital Equipment Corp. GLO Professor of Management and Economics – Sloan School of ManagementMassachusetts Institute of TechnologyCambridge, USA).  Drazen Prelec received his education at Harvard University (AB 78, Ph. D 83, Junior Fellow 85), and has been on the faculty of MIT since 1991, where he presently holds appointments as Professor in the Sloan School, the Department of Economics, and the Department of Brain and Cognitive Sciences. His areas of research expertise include the psychology of decision making, behavioral economics, and neuroeconomics. 

Professor Dr Deborah A. Prentice
(Professor of Psychology, Department ChairPrinceton University, Princeton, NJ – USA)Deborah Prentice is Alexander Stewart 1886 Professor of Psychology and Chair of the Psychology Department at Princeton University. She received Bachelor’s degrees in Human Biology and Music from Stanford University, and M.S., M.Phil., and Ph.D. degrees in Psychology from Yale University. Prentice has published articles, chapters, and essays on the psychology of social norms, social identities, the phenomenology of self, behavior change, and related topics. At Princeton, she teaches courses on Social Psychology, the Psychology of Moral Behavior, and the Behavioral Ecology of Sex Differences. Last year, she was Visiting Faculty in the School of Social Sciences at the Institute for Advanced Study in Princeton, and this year, she is an Invited Professor at the René Descartes University in Paris.

Professor Dr John Roemer
(Elizabeth S. and A. Varick Stout Professor of Political Science and Economics – Yale University, New Haven, CT – USA)His current work concerns distributive justice, political economy, and the relationship between them.    Recent books are Racism, Xenophobia, and Redistribution (Harvard UP, 2007), Democracy, education and equality (Cambridge UP, 2006), Political Competition (Harvard UP, 2001), Equality of Opportunity (Harvard UP, 1998), Theories of distributive justice(Harvard UP, 1996), and A future for socialism (Harvard UP, 1994).  His main current project is on distributive ethics in the presence of global warming.    He is a fellow of the Econometric Society, the American Academy of Arts and Sciences, a corresponding fellow of the British Academy, and a past fellow of the Guggenheim and Russell Sage Foundations. 

Professor Dr Quentin Skinner
(Barber Beaumont Professor of the Humanities – Department of History – Queen Mary, University of London , United Kingdom).  Is the author or co-author of more  than twenty books on modern intellectual history and political theory.  He is a Fellow of several academic societies, including the British  Academy, the American Academy, the Academia Europaea and the Accademia  dei Lincei, and has been the recipient of numerous honorary degrees.   His scholarship, which is available in twenty-five languages, has won  him many prizes, including the Isaiah Berlin Prize of the Political  Studies Association, the Lippincott and the David Easton Awards of the  American Political Science Association, in addition to the Wolfson  Prize for History in 1979 and a Balzan Prize in 2006.

                                                                                                     Membres

et

Professor Janet Browne
(Aramont Professor of the History of Science – Department of the History of Science – Harvard University, Cambridge, Massachusetts – USA).  Janet Browne is Aramont professor of the history of science at Harvard University. Previously she taught at the Welcome Trust Center for the History of Medicine in London, and before that was an associate editor of the Charles Darwin Correspondence Project based in Cambridge University Library. She is the author of a two-volume biography of Charles Darwin (1995, 2003) and works on the history of biology and natural history.

Professor Dr Roger Chartier
(Titulaire de la chaire « Écrit et cultures dans l’Europe moderne » Collège de France, Paris – France).  Roger Chartier, né à Lyon en 1945. Professeur au Collège de France, Directeur d’études à  l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et Annenberg Visiting Professor at the University of Pennsylvania. Docteur honoris causa des Universités Carlos III de Madrid, de Buenos Aires, de Córdoba (Argentine) et de Santiago du Chili. Spécialiste de l’histoire de la culture écrite, du livre et de la lecture à l’époque moderne (XVe-XVIIIe siècles). Co-producteur de l’émission « Les lundis de l’histoire » sur France-Culture.

                                                                                                       Consultants

* * *

Discours du Professeur dr. Mark EYSKENS,
Président de la Fondation Francqui

Monseigneur,
Excellenties, Excellences,
Zeer Geachte Dames en Heren, Mes Dames, Messieurs

De aanwezigheid van Uw Koninklijke Hoogheid is voor de wetenschappelijke en universitaire gemeenschap van ons land een uitzonderlijke eer. Uw bereidwilligheid de Francqui-Prijs te willen uitreiken bevestigt andermaal Uw persoonlijke belangstelling voor en de betrokkenheid van het koningshuis bij de activiteiten van de Francqui-Stichting. Hierin  zien wij een belangrijke aanmoediging voor al wie in dit land het wetenschappelijk onderzoek behartigen  en die verantwoordelijkheid dragen in en voor de universitaire en wetenschappelijke wereld in al haar geledingen. Nous vous sommes, Monseigneur, très reconnaissant, d’autant plus que vous soulignez par votre présence une évidence qui n’est pas toujours clairement perçue, à savoir que l’avenir de nos sociétés, particulièrement dans ses aspects tant économiques et sociaux que culturels, dépend de manière vitale de nos capacité créatrices et innovatrices.  La science en est le fer de lance.

Dit jaar is de Francqui-Prijs bestemd voor een onderzoeker uit de humane wetenschappen en de laureaat beoefent hiervan wel een heel bijzondere en aparte tak van de menswetenschappen, zoals aanstonds zal blijken. Banal est le constat que nos sociétés subissent un déferlement de changement tous azimuts. Sous l’ancien régime les changements étaient tellement lents que peu de personnes ne s’en rendaient compte. Aujourd’hui les changements sont tellement rapides et bouleversants que peu de personnes se rendent compte de leur portée et de leurs conséquences. Récemment des biologistes ont annoncé  la création d’une cellule à génome synthétique. Une nouvelle bactérie  fut en effet créée en introduisant un chromosome artificiel dans la dépouille d’une bactérie, auparavant privée de son ADN. Cette première constitue une avancée importante dans le domaine de la biologie synthétique. D’aucuns parlent même de la possibilité de créer certaines formes de vie. Les changements tous azimuts que nous vivons sont souvent directement ou indirectement dus à l’émergence des nouvelles technologies de l’information et des communications, dont l’animateur principal est sans aucun doute l’ordinateur, basé sur les microcircuits, et dont l’apparition dans nos sociétés constitue plus qu’une troisième révolution industrielle. On peut dire qu’au début du XXIe siècle l’informatique et ses multiples applications ont réussi à révolutionner toutes les disciplines scientifiques, tous les domaines de la production et de la consommation humaine,  notre manière de vivre quotidienne, les relations entre les personnes, entre les groupes d’individus, entre les nations, voire les continents. Il s’agit bel et bien d’une mutation essentielle dans l’histoire de l’humanité de nature à bouleverser fondamentalement le type même de toute révolution dite industrielle en la rendant par ailleurs postindustrielle, particulièrement grâce à son résultat le plus mutant pour l’espèce humaine: l’émergence de la société de la connaissance. Un nouveau monde se met en place caractérisé par l’importance des réseaux et par la déstructuration de modèles d’organisation trop hiérarchiques et figés. Ce nouveau monde est transcontinental et nous disons volontiers qu’ainsi la planète est devenue notre village. Je me plais à l’appeler le « globalistan », un monde mondialisé où une élite –  pour l’heure, mais qui s’accroît – s’efforce à gérer les nouvelles opportunités et les nouveaux défis. Cela s’appelle « stateless governance », pour le meilleur et pour le pire. La crise financière et économique actuelle est attribuable à un ensemble extrêmement complexe de causes qui se recoupent mutuellement et qui soulignent dramatiquement l’incapacité de nos sociétés de gérer efficacement les profondes mutations en cours. Le monde s’est unifié spectaculairement en devenant un seul village planétaire – the global village – sur le plan économique, financier, scientifique, informatique, alors que la gouvernance de ce village est restée largement locale, confiée aux états nationaux. C’est cette asymétrie entre la globalité économique du monde et la localité et donc l’hétérogénéité et l’incohérence des politiques, qui explique l’inefficacité des solutions prônées et des mesures prises, particulièrement en Europe. Il est vrai que l’on assiste à l’’effritement, voire à la périclitassions des souverainetés nationales. Mais ce phénomène requiert un contrepoids –   « a countervailing power »  – si l’on veut éviter une économie de marché débridée, des dérives monopolistiques et oligopolistiques et d’autres formes de concentrations excessives de puissance économique. Ce contrepoids ne peut être que la construction patiente d’une souveraineté d’un nouveau type, basée sur de nouvelles formes d’intégration, sur la coopération internationale et sur le multilatéralisme. Les auteurs du traité de Maastricht de 1992, en créant L’Union Monétaire européenne, avaient la conviction que les pressions exercées par le lancement d’une monnaie unique allaient libérer les énergies nécessaires à la mise en place d’une véritable Union Politique européenne, en intégrant les politiques économiques, budgétaires, fiscales et parafiscales. Le pacte de stabilité fut mis sur pied en tant qu’ébauche expérimentale d’une gouvernance économique beaucoup plus efficace. Il est apparu depuis fin 2007 que les chocs extérieurs de la crise financière allaient dramatiquement déstabiliser toute velléité de gestion intergouvernementale. Force est de constater qu’il existe des états souverains sans monnaie. En revanche l’histoire ne connait aucun exemple d’une monnaie sans état. La crise actuelle toutefois peut enclencher une dialectique susceptible de transformer les difficultés de fonctionnement de l’Europe en une opportunité de réforme salutaire. Espérons qu’une dialectique similaire puisse résoudre les problèmes belges. Le globalistan et sa mondialisation – un phénomène presque biblique car il pourrait conduire à un plus lointain horizon à l’unification de l’humanité – produisent aussi pas mal de paradoxes et imposent une extrême exigence de flexibilité et d’adaptabilité, suscitant aussi une inévitable incompréhension, résistance et hostilité. La société de la connaissance en effet génère pas mal d’ignorance à cause de la complexification croissante des phénomènes et des situations, à cause aussi du déferlement d’informations qui se transforme en désinformation, à cause de simplismes populistes que les dirigeants sont presque obligés à répandre étant donné qu’une explication nuancée et en profondeur des événements et des mutations s’avère impossibles dans une société qui elle-même souvent préfère les démagogues aux pédagogues.

Een nieuwe wereld en een nieuwe maatschappij worden geboren onder onze verbijsterde ogen waarmee wij vaak te veel kijken en te weinig zien, terwijl we teveel luisteren en te weinig horen en te veel spreken zonder iets te zeggen. Of het morgen beter wordt is niet zeker maar dat het anders wordt staat als een paal boven water.  Wel is het zeker dat om te behouden wat we hebben – onze welvaart in Europa en in België en de kwaliteit van het leven – we heel veel zullen moeten veranderen. De grote opgave bestaat erin te vermijden, wegens maatschappelijk of democratisch onvermogen, dat we achteruit zouden boeren. Om te behouden wat we hebben zal ook en nieuwsoortige economische groei moeten worden ontwikkeld. De wetenschap en haar toepassingen zal hierbij doorslaggevend zijn. De verbijsterende wetenschappelijke uitvindingen die in de pijpleiding zitten zijn fabelachtig. Het digitale universum is in opmars, de “wireless society”  komt er aan waardoor niet alleen de communicatie tussen personen ongekende uitbreidingen en toepassingen zal krijgen maar ook de communicatie tussen producten en dingen mogelijk wordt. De mens zal een steeds grotere controle krijgen op zijn omgeving, wat ook nodig zal zijn om het leefmilieu voor totale verschrompeling te behoeden. Veel positieve doorbraken kondigen zich aan en uitzichtloos geachte problemen zullen opgelost geraken. Een voorbeeld wil ik U niet onthouden, geachte aanwezigen. Het is de oplossing van de taalconflicten in de wereld. India telt 17 officiële talen en de EU 23. Landen met maar twee of drie talen mogen zich dus zalig prijzen. Toch zijn het zeker niet de politici die deze vaak irriterende problemen zullen oplossen ondanks hun niet aflatende ijver. De toepassing van de nanotechnologie en de kwantumfysica op de computerkunde, waardoor de binaire rekenkunde wordt vervangen door zogenaamde superpositie, zal leiden tot de productie van micro-computers met een ongeëvenaarde capaciteit die het zullen mogelijk maken een van de aller moeilijkste opdrachten te vervullen: het simultaan vertalen van alle talen in alle andere talen. Onze kleinkinderen zullen wellicht over een paar tientallen jaren rondlopen met geminiaturiseerde simultaan vertaalcomputers, verborgen in het montuur van hun bril of ingeplant in een of andere cariës in hun gebit of gevat in een piercing – eindelijk zal de piercing tot wat dienen – en zij zullen, die brave kleinkinderen van ons, rondkuieren op het Plein van de Hemelse vrede te Peking . De Chinezen zullen Chinees praten en de Belgen Frans en Nederlands en sommigen zelfs Duits en iedereen zal iedereen verstaan. Meteen zal het omgekeerde mirakel van Babel plaatsvinden en zal universalisme verzoend worden met particularisme want de laatste barrière tussen individuen, namelijk de taalbarrière, zal worden opgeheven en toch zullen alle talen, die de ziel uitmaken van elk volk, blijven bestaan. De veranderingen in de wereld, zeker sinds een behoorlijk aantal eeuwen, wordt gedreven door wat Joseph Schumpeter bedoelde met ‘inventie’ en ‘innovatie’.  Wetenschappelijke ontdekking, uitvinding en innovatie zullen echter hand in hand moeten gaan met industriële toepassing, efficiënt management, wereldwijde vrijhandel, loyale concurrentie, planetaire coördinatie en sturing,  maar ook een combinatie van competitie en coöperatie, zoals de “theory of Games” heeft aangetoond en wat vandaag onder economen leidt tot het aanmunten van een nieuwe term: “coöpetitie”. Wetenschappelijke doorbraken zijn uiteraard geconditioneerd door degelijke wetenschappelijke opleiding van mensen en door materiële voorzieningen waarvoor financiering is vereist. Vandaar het nut en de noodzaak van een verregaande overheidssteun aan R&D en het grote nut van wetenschappelijke stichtingen. Maar bovenal geldt de kwaliteit van het menselijk vernuft, gevoed door nieuwsgierigheid en vindingrijkheid. Voor deze uitzonderlijke gaven hebben de Britten een prachtig woord, namelijk “serendipity” , waarvan de oorsprong teruggaat tot het verhaal van ik weet niet meer welke Engelse zeevaarder die bij toeval maar gedreven door zijn nieuwsgierigheid, een prachtig eiland ontdekte in de stille oceaan en dat hij ‘serendib’ doopte in navolging van de naam die door de inboorlingen aan hun eiland – het huidige Sri Lanka –  zou zijn gegeven.

Diepgaande en vaak onvoorspelbare veranderingen verwekken echter gevoelens van onzekerheid en onveiligheid. Daardoor verspreiden zich angstgevoelens in onze samenleving. Tegenover de uitspraak “de wereld is ons dorp” wordt de uitroep geplaatst “ons dorp is de wereld”. Veel burgers schrikken voor de aan aanstormende wijzigingen in hun bestaan die vaak gepaard gaan met toenemende aanpassingsvereisten, delocalisaties is en vervreemding. Soms nemen de angstgevoelens voor de aanstormende veranderingen pathologische vormen aan en roepen vaak jonge mensen de vertwijfeld uit: “stop de wereld ik wil er af”. De sociale, psychologische, didactische, zelfs juridische begeleiding van veel radeloze en reddeloze mensen in deze tijden van mutatie is dan ook van het allergrootste belang.

Want wij leven op een keerpunt der tijden. Wij beleven de barensweeën van een een nieuwe maatschappij. De ICT-revolutie heeft met het ontstaan van de kennismaatschappij de jongste 25 jaar twee keerpuntcrisissen verwekt. De eerste was van politieke aard en heeft met de val van de muur van Berlijn in 1989 geleid tot de implosie van het communisme en het collectivistische socialisme. Zodra de kennis en de daardoor gestuurde innovatorische creativiteit de belangrijkste productiefactoren zijn geworden, breekt het marxistische recept van de collectivisering  – de nationalisering  – van de kapitalistische productiefactoren (fabrieken, machines) volledig stuk. De kenniseconomie leidt tot decollectivisering. De tweede crisis, van meer recente datum, is van economische aard en ondermijnt zeer ernstig het liberale kapitalisme. De verspreiding van de kennismaatschappij leidt tot deprivatisering, ook van ideeën, uitvindingen en ontdekkingen. De intellectuele eigendom is niet langer efficiënt beschermd. “Copy right” wordt in sommige landen hervertaald als “the right to copy”. Op de markten vallen de tussenpersonen weer meer wegvallen. Denken we maar aan e-bay. Er is een verschijnsel van desintermediatie. Allerbelangrijkste evenwel is dat in een ééngemaakte wereldeconomie vooral grote spelers aan bod komen in alle sectoren, wat leidt tot oligopolistische mededinging, vooral na de drastische deregulering van de markteconomie.. De concurrentiedruk en de enorme inspanningen die moeten worden gedaan op het vlak van onderzoek en ontwikkeling dwingen de ondernemingen tot  schaalvergroting. Vandaar de frequente ‘mergers and acquisitions’. Aldus ontstaat ook een wereldwijde concurrentiestrijd op leven en dood (‘cut the throat over competition’). De financiële sector vervult in deze evolutie een strategische rol omdat hij in moet staan voor de financiering van de reuzenbedrijven op de oligopoliemarkten. Het is vooral de uitzinnige, wereldwijde concurrentiedruk in de financiële sector, waarbij risicovolle financierings- praktijken en producten (toxic products) werden gelanceerd, die de huidige crisis heeft verwerkt. De politieke crisis van het einde van de 20e eeuw en de financieel-economische van het begin van de 21e eeuw zijn dus ook de revelatoren van de existentiële crisis die én het collectivistische communisme en het ongebreidelde kapitalisme teisteren. De wereldgemeenschap is op zoek naar een nieuwe coherente maatschappelijke visie die uiteraard verder moet reiken dan het ‘googelisme’  of het ‘internautisme’.

De allergrootste uitdaging reeds vandaag en nog meer morgen bestaat er evenwel in al die veranderingen die op ons afkomen om te zetten in echte menselijke vooruitgang. Want sommige veranderingen zijn goed en moeten we promoten; anderen zijn onvolmaakt en moeten we verbeteren en nog anderen zijn gevaarlijk en slecht en moeten we bestrijden. Meteen wordt het duidelijk dat een essentieel ethische vraagstelling onvermijdelijk wordt, die te maken heeft met het onderscheid tussen wat goed is en wat slecht is voor onze medeburgers, een vraagstelling die op haar beurt heel moeilijke problemen aan de orde stelt. In elk geval zal steeds meer vereist zijn alle veranderingen die ons overweldigen om te zetten in “echte menselijke vooruitgang”. Maar wie dit concludeert moet ook beseffen dat er nood is aan een afdoend inzicht in wat echte menselijke vooruitgang te betekenen heeft. En dit leidt dan tot de absolute noodzaak om ook de menswetenschappen in te schakelen in het humaniseren van verandering en vooruitgang, die hoofdzakelijk technologisch en door de exacte wetenschappen worden gestuurd. De cirkel is dus gesloten: alle aspecten van menselijk denken en weten, van kennen en kunnen moeten worden gemobiliseerd om de overweldigende en meeslepende veranderingsstroom te kanaliseren en te laten uitmonden in een meer menselijke samenleving. Een ware cultuur van de verandering moet in het leven worden geroepen.

Dit is voor de Francqui-Stichting een bijkomende reden om ook vandaag met onwankelbare overtuiging en toewijding naast de exacte en biologisch medische wetenschap, de menswetenschappen te steunen en te promoten. En dat doen wij vandaag en hoe.

De internationale jury belast met het beoordelen van de kandidaten voor de Francqui-Prijs heeft éénparig een voorstel gedaan dat door de raad van bestuur van de Francqui-Stichting werd goedgekeurd. Mag ik bij dezen aan de leden van de internationale  jury oprecht hulde brengen voor hun eminente deskundigheid en meer bepaald de voorzitter van de jury, professor Eric Maskin,  van de Princeton  University, en Nobelprijswinnaar economie, ten zeerste bedanken. 

J’en viens maintenant à l’essentiel. Le lauréat est monsieur François Maniquet, professeur à l’UCL et à l’université de Warwick en Grande Bretagne et membre important du CORE, Center for operations research and econometrics. Je vous lis la motivation du jury :

François Maniquet is one of the leading social choice theorists of his generation.

Together with Marc Fleurbaey of Paris, he has developed a highly original theoretical approach to making welfare judgments about the distribution of resources.  The two main concepts in this approach are compensation and responsibility.  On the one hand, this approach seeks to compensate people for disadvantageous circumstances they have no control over : for example, their parents, their upbringing, or their genetic endowment.  On the other hand, it holds individuals responsible for how they choose to use their resources. 

The work has potentially wide application to economic and social policy, notably to the design of tax rules, the allocation of health care, the evaluation of inequality and the study of intergenerational mobility.  The enterprise shows the value of developing ideas from political philosophy to enrich economic analysis.

Qui est notre lauréat ?

François Maniquet est né à Namur en 1965. Il est marié et père de trois enfants. Agrégé de l’enseignement supérieur il consacra sa dissertation à un sujet qui allait par après le préoccuper principalement : « Fair Social Preferences in Resource Allocation Problems ». Il consacra sa thèse de doctorat en économies aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à « equity and implementation in economic environments. Avant de devenir  professeur (part-time), à l’University of Warwick, U. K. et à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, François Maniquet avait multiplié les mandats de recherche comme  associé du Fonds National de la Recherche Scientifique,  comme Human Capital and Mobility fellow à l’université de Barcelone.

François Maniquet est l’auteur d’innombrables articles et publications scientifiques, dont édité par Cambridge University press «  A theory of fairness and social Welfare. IL participa à de nombreux séminaires et des conférences internationales dans le monde entier, particulièrement dans le monde anglo-saxon. Il visita université et instituts de recherche sur tous les continents et y enseigna souvent. Il dirigea un nombre impressionnant de doctorants dans leurs travaux scientifiques. François Maniquet obtint plusieurs prix scientifiques et fut nommé membre d’instituts et organisations étrangères.  Notre lauréat semble en outre mener une double vie, que je vous révèle aujourd’hui avec sa permission.

Quand en 2005 Monsieur Maniquet fut nommé professeur, l’on y accueillit non seulement un spécialiste de l’économie normative, mais aussi un acteur. En effet François Maniquet est comédien : comédien amateur, de cinéma et de théâtre. Il est apparu dans plusieurs pièces. Les titres de ses films ne vous diront sans doute pas grand chose : La chanson-chanson, Mon cousin Jacques et Révolution1. Ces trois œuvres sont des courts-métrages mais qui ont décroché de nombreux prix (dont celui du meilleur rôle masculin au Festival de Moulins). Trois comédies où François Maniquet interprète un personnage à mille lieux du chercheur de pointe qu’il est (une façon de conserver son équilibre mental, sans doute…). Trois comédies sensibles et bien ficelées que nous vous conseillons d’aller voir sans tarder. Et particulièrement un long-métrage « J’aurais voulu être un danseur ». François Maniquet y joue, notamment, aux côtés de Cécile de France. Monsieur Maniquet est polyvalent, ce qui prouve qu’il fait preuve de prudence. De crise financière en économique les économistes deviennent de plus en plus impopulaires. Et si un jour nos démocraties interdisaient d’encore enseigner cette science damnée – the dismal science – Maniquet pourrait sans problème se convertir à une brillante carrière cinématographique, confirmant ainsi ma célèbre parole de John Stuart Mill : a man is not likely to be a good economist if he is nothing else.

En tant qu’économiste François Maniquet a contribué d’une manière importante au développement de ce qu’on appelle l’économie normative, les ‘welfare economics’, l’économie du bien-être, la théorie du choix social,  la théorie de l’équité, l’étude des inégalités, la théorie de la négociation et de la prise de décisions en démocratie. 

Un certain positivisme conduit de nombreux économistes à considérer que les jugements de valeur relèvent d’un autre domaine et appartiennent plutôt à la politique, philosophie, où l’éthique). Pourtant, la politique requiert une expertise qui éclaire non seulement ses effets mais aussi ses objectifs précis et leurs justifications. L’éthique des moyens doit s’insérer dans une éthique des objectifs. L’économie normative représente un important corpus théorique dont les résultats fournissent une analyse logique des concepts et principes éthiques constituant les objectifs de la politique sociale et économique. L’économie normative rejoint quelque peu ce que les fondateurs de la science économique, tels Adam Smith, David Ricardo et Alfred Marshall appelaient ‘political economy’. Et la redistribution des revenus grâces à une fiscalité progressive et une sécurité sociale élaborée pose là incontournable problème de la recherche d’une plus grande équité d’une manière ou de l’autre liée à la réalisation d’une plus grande égalité. Ces questions ne peuvent pas laisser indifférent l’économiste engagé dans la société. Il en va de même du fonctionnement de la démocratie ou les économistes ont parfois tendance à considérer l’économie de marché, dès lors qu’elle maximalisait les échelles d’utilité des acteurs et à condition que le pouvoir d’achat soit suffisamment équitablement réparti, comme étant un système décisionnel démocratique. Le président Bill Clinton se plût à parler de ‘market democracy’. Mais la démocratie politique hausse elle-même problèmes dans la mesure où dans nos sociétés extrêmement complexe le principe d’une prise de décision majorité contre minorité ne semble pas où de moins en moins correspondre à l’optimalisation de la satisfaction collective. L’étude des systèmes de vote interactif est tout à fait fascinante. Dans un livre que j’ai publié il y a une quinzaine d’années sous le titre ‘ Démocratie tussen spin en web – la démocratie entre l’araignée et la toile  – j’avais évoqué la possibilité de remplacer le vote majoritaire  – lisez majorité contre minorité  – ou même le suffrage universel lors d’élections parlementaires par ce que des penseurs surtout américains ont appelé  ‘point voting’. Ce système prévoit que chaque électeur ne disposerait donc pas d’une voix mais de plusieurs voix (par exemple 10 ou 12 lui permettant de répartir éventuellement ses voix sur plusieurs candidats et plusieurs partis politiques. Système permettrait de donner à l’électeur location d’exprimer l’intensité préférence. Tout cela paraît aujourd’hui assez théorique mais l’application de l’électronique au suffrage universel rencontre des objections à quatre pratiques contre un vote pluriel. En attendant force de constater que les démocraties ont quelques difficultés à rendre leur prise de décision efficaces, transparentes et représentatives. L’économie normative bien entendue à redoubler récemment d’actualité et de pertinence à la lumière – inquiétante, voire pernicieuses – de la crise financière et économique qui frappe le monde et qui interpelle dans les décideurs économiques politique. Il est clair que de nouvelles règles de conduite individuelle et collective, nationale et internationale inspiré par une éthique du changement deviennent inéluctables si l’on veut que l’économie se développe au service des humains. L’économie normative telle que conçu et appliqué par le professeur François Maniquet peut nous fournir des réponses d’une grande acuité et pertinence.

Mesdames Messieurs, la Fondation Francqui, consciente de ses responsabilités quant à la stimulation de la recherche scientifique et la promotion d’un climat sociétal propice à susciter des vocations scientifiques, avait déjà décidé en 2005 de porter le montant du prix Francqui de 100.000 à 150.000 euros. S’ajoute à cela un montant de 25.000 € dont le lauréat pourra disposer dans le cadre de ses recherches et expériences. Le lauréat pourra, en outre avec un appui financier de la fondation, organiser un grand colloque scientifique en faisant appel à des spécialistes internationaux. En additionnant tous les avantages le prix Francqui représente aujourd’hui pour le lauréat une enveloppe financière qui le situe, comparé à ce qui se fait à l’étranger, parmi les prix les plus élevés mais aussi les plus prestigieux mis à la disposition de la communauté scientifique. Nous avons aussi pris l’initiative de faire imprimer une brochure, qui est mise à la disposition des personnes présentes et qui contient un rapport des principales activités de la fondation Francqui. Faute de temps je me limite à une nouvelle initiative d’importance à savoir la création de quatre mandats postdoctoraux dits intercommunautaires, qui doivent être effectués dans une université appartenant à une autre communauté linguistique que celle du bénéficiaire. La Fondation Francqui vient également de créer des mandats de Chargé de cours Francqui ou de Professeur Francqui pour une période de trois ans. La Fondation interviendra à raison de 50 % du coût du mandat, l’autre moitié étant prise en charge par l’Université.

Je rends hommage à tous ces savants, tous des pionniers et des monuments qui ornent la galerie d’honneur de la Fondation Francqui. En la passant en revu nous devons réfléchir un instant à la condition humaine du scientifique et à l’énigmatique passion qui le pousse à conquérir la terra incognita de notre ignorance pour y planter les étendards du savoir humain.  Certes,  la pratique de la science est une vocation comparable au sacerdoce. Elle est infiniment exigeante. Celui qui est appelé par elle doit dire adieu à la richesse, au succès populaire et à toute carrière plane et programmée. La science est redoutable. Elle vous fait perdre vos certitudes. Elle est déconcertante et pas toujours fiable. Celui qui s’y livre sera comblé parfois de succès, souvent de satisfaction, toujours d’impatience.  Elle force l’homme de science à douter de lui-même et à poursuivre la recherche de la vérité, même si elle est introuvable. Il n’est pas impossible qu’elle entraîne la scission entre la connaissance et la sagesse. Elle rend schizophrène. La science sacrifie parfois la réalité à la vérité. Et elle ressemble fréquemment  à un cimetière jonché d’hypothèses.

C’est le cruel privilège de l’homme d’être destiné à la réflexion. Le scientifique fait l’expérience de ce privilège à la énième puissance, ce qui rend cette expérience exaltante mais douloureuse. Elle fait de lui un perpétuel insatisfait. Le scientifique n’est jamais assuré que de son incertitude. Et nous devons constater en toute modestie que ce n’est pas notre science, mais  notre ignorance qui est encyclopédique.

Nu breekt eindelijk het ogen blik aan waarop we de glansrijke lijst van Francqui-laureaten gaan vervolledigen door de toekenning van de Francqui-Prijs aan een uitmuntend geleerde en cultuurdrager , met name professor  François Maniquet.

Mag ik thans Zijne Koninklijke Hoogheid Prins Philip verzoeken de Francqui-Prijs 2010 aan de heer François Maniquet  uit te reiken.

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Discours du Professeur François Maniquet

Monseigneur,

C’est un immense honneur que de recevoir des mains du futur chef de l’Etat le prestigieux Prix Francqui 2010. Votre présence aujourd’hui témoigne de l’importance que la famille royale accorde à la recherche scientifique dans notre pays, soutien qui nous est des plus précieux.  In naam van de Belgische wetenschappelijke gemeenschap, dank ik U dan ook van ganser harte.

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Monseigneur,

Excellences,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,

Mesdames et Messieurs,

Recevoir le Prix Francqui, c’est d’abord une immense joie, et une joie qu’il m’est bien agréable de partager avec tous ceux qui m’ont façonné.

Je pense d’abord à mes parents, qui m’ont appris à parler, à écouter et à observer. Je pense à Monsieur Thiry et tous mes professeurs de primaire qui m’ont donné le goût d’apprendre. Je pense à Gaston Robillard qui m’a appris que l’on pouvait étudier les sociétés de manière scientifique. Si j’ai un jour décidé d’étudier les sciences économiques, c’est grâce à lui. Je pense à mes professeurs d’humanités, et spécialement à mon professeur de mathématiques, Gabriel Massart, et à mon professeur de latin, Louis Abel. Ils ont été immensément exigeants avec moi hier. Je leur en suis immensément reconnaissant aujourd’hui. Ce n’est pas à l’université que commence la formation d’un chercheur. Chaque étape de l’apprentissage est essentielle. Chers parents, chers enseignants, chers mentors, je vous remercie, et je suis fier d’être une de vos réalisations.

La joie de recevoir le Prix Francqui, je voudrais aussi la partager avec ceux qui ont éveillé en moi le goût de la recherche scientifique, les professeurs Jean-Philippe Platteau, qui fut mon directeur de mémoire de maîtrise, et Louis Gevers, qui fut mon promoteur de thèse. C’est vous, messieurs, qui m’avez appris mon métier.

Qu’est-ce qu’une économie juste ? C’est la seule question de recherche qui m’ait jamais réellement intéressé. Quand peut-on dire que les richesses créées et disponibles dans une économie sont réparties de manière équitable ? Face à une question de cette ampleur, il est facile de se perdre. Je réalise à quel point j’ai eu la chance de rencontrer, dès le début de ma carrière et grâce au programme que me réservait Louis Gevers, les meilleurs scientifiques du domaine, ceux qui érigent les balises, ceux qui tracent la voie : les professeurs John Roemer (Yale University) et Serge Kolm (Ecole des Ponts et Chaussées), qui, consciemment ou inconsciemment, ont eu la plus profonde influence sur ma trajectoire de recherche. Ce sont eux qui ont le mieux réussi à donner leur place aux théories économiques de la justice face à la philosophie, au marxisme et à la science politique ; les professeurs Hervé Moulin (Rice University), William Thomson (University of Rochester) et Salvador Barberà (Universidad Autonoma de Barcelona), qui m’ont invité dans leurs universités respectives en séjour post-doctoral ; et, plus tard, le professeur Eric Maskin qui m’a invité à l’Institute for Advanced Study à Princeton. Ce sont eux qui ont amené à maturité l’approche axiomatique appliquée aux questions de justice, et qui ont créé les outils analytiques pour traiter des questions d’incitants et de manipulabilité que pose la mise en oeuvre d’une économie juste. J’ai appris d’eux bien plus que ce qu’ils pensent m’avoir enseigné. Dans la démarche scientifique, dans la méthode scientifique, dans la vie quotidienne du chercheur, dans la quête des bonnes questions de recherche, dans le développement des idées, dans la stratégie de publication, il y a tous les trucs et ficelles que l’on peut lire dans les manuels, mais il y a aussi et surtout une immense sagesse qui ne s’acquiert qu’au contact de ceux qui marquent profondément une discipline.

Tous ceux que je viens de citer ont eu un rôle déterminant sur le chemin qui m’amène ici. Et pourtant, je dois encore associer la joie et la reconnaissance exceptionnelle que confère ce Prix à celui qui a eu le rôle le plus déterminant, et qui est mon coauteur depuis 17 ans.

Dans une salle de cours, à Paris, en 1993, j’avais négligemment laissé traîner sur ma tablette quelques notes concernant un projet de recherche sur lequel j’étais en train de travailler. Mon voisin a jeté un coup d’oeil sur mes notes puis m’a dit : « mais je travaille exactement sur cette question en ce moment ! » Je pense parfois avec effroi à ce qu’aurait été ma carrière sans ces quelques secondes de hasard. Nous avons joint nos efforts, et nous avons rapidement découvert une incroyable complémentarité qui s’est traduite par la réalisation rapide de nombreux articles scientifiques. C’est peu dire qu’une rencontre peut changer une vie.

Ce qui nous intéressait, c’était de donner du contenu économique aux théories de la justice fondées sur les deux principes suivants : 1) que toutes les inégalités ne sont pas nécessairement injustes, et en particulier que les inégalités qui découlent de choix libres et bien éclairés doivent être respectées ; et 2) que chaque être humain n’est pas nécessairement le propriétaire légitime de tout ce qu’il produit, dans la mesure où sa productivité est en partie déterminée par les conditions sociales dans lesquelles il vit, et dans le mesure aussi où la nature jour un rôle déterminant dans la répartition sociale des talents et des handicaps.

Depuis lors, nous n’avons cessé de travailler ensemble, et c’est encore ensemble qu’en 1996, nous avons soulevé la question : « si l’on adhère à une telle vision de la justice économique, quels outils d’évaluation des politiques sociales pourrions-nous construire. »  Suivirent 14 années de travail acharné, de découragement parfois face à une communauté scientifique sceptique, mais progressivement aussi de certitude de construire une théorie de grande valeur, qui a fini par être reconnue et appréciée par cette même. Ce Prix en est la preuve. Cher Professeur Fleurbaey, directeur de recherches CNRS, bien cher Marc, je dois bien te le dire, ce Prix est aussi le tien.

Nous avons jeté les bases d’une nouvelle théorie de la justice et du bien-être social. Cette théorie ne demande maintenant qu’à être appliquée, et c’est à ces applications que nous comptons consacrer une bonne partie de nos recherches jointes dans les prochaines années.

Ce qui fait la grandeur du Prix Francqui, c’est d’abord la philosophie dans laquelle il s’inscrit : récompenser l’excellence et, surtout, confier à un jury d’experts internationaux la tâche de sélectionner un lauréat, c’est-à-dire accepter de se soumettre aux critères de ceux qui pratiquent la science au plus haut niveau.

Ce qui fait aussi la grandeur de Prix Francqui, c’est la qualité de la recherche scientifique en Belgique. Je ne suis qu’une des faces visibles de l’iceberg. Je pense d’abord à tous ceux qui ont espéré cette année recevoir ce Prix. Je leur présente mes excuses. Je suis convaincu, et pour certains d’entre eux, je sais, que leur recherche est remarquable.

Vervolgens denk ik aan mijn directe collega’s, van de UCL zowel als van andere Belgische universiteiten. Dank zij de goede organisatie van het onderzoek in België heb ik de kans gekregen om regelmatig met hen van gedachten te wisselen. Ik moet bekennen dat er in ons onderzoeksdomein geen taalgrens bestaat. Talrijke voorbeelden van vruchtbare samenwerking tonen aan dat economen over de taalgrens heen een zelfde bekommernis delen om een samenleving te creëren waarin iedereen, ook de zwaksten, zo ruim mogelijke kansen krijgen om hun eigen doelstellingen te realiseren. Samenwerking tussen de Belgische universiteiten verbetert de kwaliteit van ons onderzoek en vergroot onze zichtbaarheid in het buitenland. Hierbij denk ik in het bijzonder aan het IUAP-programma, dat voor mij persoonlijk zeer belangrijk is geweest. Ik zou aan iedereen die hier in deze zaal aanwezig is en die op één of andere wijze hiertoe zou kunnen bijdragen, plechtig willen vragen om alles te doen wat mogelijk is om dat IUAP-programma te laten voortbestaan. Dat is goed voor Vlaanderen, goed voor Brussel, goed voor Wallonië, dat is goed voor België.

La charpente de l’organisation de la recherche en Belgique, c’est le F.N.R.S., lui aussi créé entre les deux guerres et dont Emile Francqui a été la cheville ouvrière. J’ai été financé par le F.N.R.S. pendant près de 15 ans. Mes travaux n’auraient jamais atteint le niveau qu’ils ont atteint si je n’avais bénéficié de ces financements. Ma dette envers le F.N.R.S. est immense. Mon voeu le plus cher est que cette institution soit renforcée, ses moyens financiers augmentés, pour qu’elle continue à jouer son rôle moteur.

Ma dette est aussi immense envers les F.U.N.D.P. de Namur qui m’ont accueilli pendant ces mêmes années. Malgré la petite taille du département d’économie, j’y ai trouvé un enthousiasme et une ambiance de travail remarquables.

Ma dette est aussi immense envers l’U.C.L. qui est parvenue à me retenir au moment où j’ai cru que l’ heure était venue pour moi de quitter la Belgique. Il faut dire que le CORE, où j’ai jeté l’ancre, est, malgré sa taille modeste, au niveau des meilleurs centres de recherche que j’ai pu visiter en Europe et en Amérique du Nord. C’est un centre de recherche multidisciplinaire où des mathématiciens, des géographes et des économistes se côtoient, échangent et se stimulent de la manière la plus productive qui soit. Le CORE est même aujourd’hui membre d’une entité plus vaste, IMMAQ, institut de recherche qui regroupe quatre centres dont le CORE.

Le prix Francqui donne de la joie et de la reconnaissance, il donne aussi du sens. La carrière scientifique demande beaucoup de sacrifices, au chercheur et aussi, par conséquent, à sa famille. Ce Prix, la joie de le recevoir, la joie de pouvoir mener la carrière que j’ai choisie, la joie d’avoir pu rencontrer tant de gens passionnants, la satisfaction d’avoir pu contribué au développement de la connaissance, je les dois en tout premier lieu à Hélène, ma femme, qui a accepté de mettre sa carrière entre parenthèses pour me suivre dans mes longs voyages et pour me soutenir au quotidien, et je les dois aussi à mes enfants, que j’ai déjà déracinés à quatre reprises, avec toutes les épreuves que cela engendre. Je suis soulagé parce que je suis sûr aujourd’hui que vous avez compris ce que je cherchais, et ce si beau Prix, c’est à vous que je le dédie.

Monseigneur,

De eer die U me vandaag toe doet geeft me de wil om mijn toewijding verder te zetten: Mijn toewijding aan de ontwikkeling van de kennis, mijn toewijding aan de kwaliteit van het onderzoek in België, mijn toewijding aan de kwaliteit van de opleiding van onderzoekers en, uiteraard, in fine, mijn toewijding aan een rechtvaardige economie.

L’honneur que Vous me faites aujourd’hui me donne envie de poursuivre mon engagement: engagement pour le développement des connaissances, engagement pour la qualité de la recherche en Belgique, engagement pour la qualité de la formation des chercheurs, et, bien sûr, in fine, engagement pour une économie plus juste.

François Maniquet

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