Fondation Francqui-Stichting
Fondation d’Utilité Publique  Stichting van Openbaar Nut


Plechtige uitreiking van de Francqui-Prijs
door Zijne Majesteit de Koning Albert II aan de Universitaire Stichting op 13 juni 2002

Jury Verslag - Toespraak


Peter Carmeliet

Jury Verslag (6 april 2002)

Dr. Peter CARMELIET is een internationaal erkende specialist in de medische en wetenschappelijke domeinen van angionenese (of de vorming van nieuwe bloedvaten) en de pathogenese van hart- en bloedvatziekten.  Zijn werk heeft geleid tot ontwikkeling van vernieuwde technieken en de productie van veelbelovende kandidaatgeneesmiddelen voor hersen- en hartinfarct, kanker, aneurysmale verwijding van bloedvaten, klontervorming, motorneurondegeneratie, hartritmestoornissen, longziekten bij premature borelingen, en andere medisch belangrijke ziekten.  Zo toonde  hij bvb aan dat de "vasculaire groeifactor VEGF" een cruciale rol speelt in angiogenese en dat een tekort aan zuurstof de vorming van nieuwe bloedvaten in belangrijke mate regelt.  Zijn studies in hermostase (bloedstelping) hebben zich recent toegespitst op Gas6, een homoloog van het anti-stollingseiwit proteine S.  Muizen zonder dit gen zijn beschermd tegen klontervorming maar, merkwaardig, vertonen geen bloedingstekens - een belangrijke basis voor een vernieuwende behandelingswijze van excessieve klontervorming.

Op de jonge leeftijd van 40 jaar, werd Dr. Carmeliet benoemd tot Gewoon hoogleraar aan de Katholieke Universiteit Leuven.  In zijn onderzoeksgroep heeft hij meer dan 30 pre- en post-doctorale studenten opgeleid, en daardoor de academische gemeenschap in België aanzienlijk verrijkt.  Hij heeft een uitmuntende reputatie om samen te werken met andere wetenschappers en zijn laboratorium is erg gastvrij en vrijgevig om collega's de nodige reagentia of expertise te verschaffen.

Dr. Carmeliet is ongetwijfeld een internationale leider en eminente geleerde in zijn domein.  Zijn grondverleggend wetenschappelijk onderzoek heeft innovatieve mogelijkheden geschapen om doeltreffende behandelingen te ontwikkelen voor diverse medisch belangrijke ziekte, en daardoor derhalve de gezondheid van talrijke mensen te verbeteren.

Tot besluit, Dr. CARMELIET is een uitmundende onderzoeker in de frontlinie van zijn onderzoeksdomein.

De internationale jury waartoe behoren :

Sir David COX                                       
Oxford University
Department of Statistics and Nuffield College
Oxford, Verenigd koninkrijk
                                                             Voorzitter

en verder

Professor Luis CABERO ROURA                    
Universitat Autònoma de Barcelona
Hospital Universitari Materno-Infantil Vall d’Hebron
Barcelona - Spanje

Professor R. GAILLARD                                  
Département d’ Endocrinologie
CHUV – Hôpital Universitaire
Lausanne - Zwitserland

Professor Jean-Louis GUENET                         
Institut Pasteur
Paris - Frankrijk

Professor John HARDY                                    
Laboratory of Neurogenetics
National Institute on Aging
National Institute of Health
Bethesda, Maryland - USA

Professor Hans PANNEKOEK                         
Biochemie centrum
Departement Biochemie
Academisch Medisch Centrum
Universiteit Amsterdam
Amsterdam - Nederland

Professor Peter REICHARD                             
Universita degli Studi di Padova
Padova, Italië

Professor Ron G. ROSENFELD            
Department of Pediatrics
Oregon Health Sciences Institute
Portland, Oregon - USA

Professor Kurt von FIGURA                             
Institut für Biochemie
Georg-August Universität
Göttingen - Duitsland

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Toespraak van Professeur Marc Eyskens,
Voorzitter van de Francqui-Stichting

 Sire,

Votre présence à cette cérémonie de remise du prix Francqui est un honneur insigne pour la Fondation Francqui et au-delà de cette fondation un geste particulièrement encourageant pour la recherche scientifique dans notre pays et le monde universitaire à tous les niveaux.  Nous sommes particulièrement reconnaissant à sa  Majesté pour ce geste.

La prise de conscience et la réalisation sociale du rôle essentiel de la recherche scientifique dans notre pays sont de toute évidence insuffisante.  Il s’agit d’une constatation triste et inquiétante.  L’intérêt des médias restent fort restreint malgré un nombre d’efforts méritoires. 

Notre enseignement ne parvient pas à générer le nombre requis de vocations scientifiques. 

Consacrer sa vie à la recherche scientifique est vocation contraignante qui n’est pas faite pour tous; les conditions intellectuelles sont en effet fixées à un niveau très élevé.  L’imagination, la persévérance, la force de caractère et la capacité de surmonter des échecs sont autant de caractéristiques que le jeune chercheur doit développer dès son jeune age tandis que les circonstances matérielles dans  lesquels il doit travailler et la rémunération de ses prestations laissent souvent à désirer.

La recherche scientifique appliquée ainsi qu’elle ce fait dans l’industrie est évidemment particulièrement importante mais elle est orientée vers le marché,  dans le but de développer ou d’améliorer des produits de vente ou de consommation.  Il s’agit ici d’une tâche extrêmement méritoire mais doublée d’un grand risque dans un marché dont la compétitivité va en s’augmentent.  Mais de nombreuses firmes multinationale ont leurs centre de décision hors de la Belgique ce qui à comme conséquence que leurs recherches ne se situe que très rarement sur le sol Belge.  En outre l’industrie se voit confrontée avec une pénurie de personnel scientifique qualifié et ceci également dans notre pays.  Cette pénurie risque de devenir dramatique si la présence déjà limitée de chercheurs belge ne peut pas être comblée par l’attrait de talents étrangers,  comme conséquence de la limitation actuelle de l’immigration que nous voyons comme contreproductive.  Le coup salarial élevé et le niveau relativement bas des rétributions nettes  de notre personnel scientifique résulte en des cadres squelettiques dans nos laboratoires et également dans l’émigration  vers des  horizons plus prometteurs.  A côté de tout ceci se place la recherche scientifique fondamentale tel qu’elle est encouragée par la Fondation Francqui par l’attribution du très important prix Francqui,  le financement de projets scientifiques et l’attribution de Chaires d’enseignement.  La recherche scientifique dans diverses disciplines est de plus en plus indispensable si notre pays et ses communautés veulent être reconnues dans le monde et continuer à participer au  développement scientifique qui se passe actuellement à un rythme accéléré.  Il est en outre banal de constater qu’un pays sans matières premières tel que la Belgique doit sont bien-être en très grande partie à sa substance grise et à sa participation dans la société de connaissance et d’information et ceci dans tous ses aspects de créativité et de communication.  Si la recherche fondamentale en Belgique n’est pas suffisamment financée par les autorités – in caso principalement les autorités compétente des régions et des communautés ainsi que par le mécénat ?  privé et ceci principalement par les grands Fonds Scientifiques, les Fondations et l’Industrie, un  « Brain  Drain » continu de scientifiques de haut niveau sera irrémédiable.  Ces scientifiques tenteront  de réaliser leurs recherches et de faire leurs découvertes à l’étranger et éventuellement de les commercialiser.  Il devient alors très difficile d’incorporer nos propre groupes de recherche Belge dans des programmes internationaux d’échange, de collaboration et de fécondation croisée.  En outre, nous réalisons trop peu que la Commission Européenne, qui met actuellement des fonds importants à la disposition de la recherche ne peut le faire que pour autant que des projets de recherche valables soient présent dans notre propre pays.

Je ne veux pas être le démoralisateur qui se trouve au pied du mur des lamentations.  En effet il faut souligner que nos gouvernements communautaires ont adopté et implémenté récemment des programmes de rattrapage budgétaire importants.  C’est ainsi que le Ministre- Président du gouvernement flamand vient d’annoncer un effort supplémentaire de
€ 60.000.000 par an.  Cet apport est cependant minimal si nous voulons nous conformer aux normes européennes en 2010. Nous devons en outre constater que malgré tous ces efforts particulièrement méritoires et ceci non seulement en Belgique mais également dans la plupart des pays de l’Union Européenne,  la fraction du produit brut domestique, consacré à la recherche et au développement ne  comporte que 1,9 %  et ceci en contraste avec les 2,6 %  des Etats-Unis et les 2,9%  du Japon.  D’après la Commission Européenne l’Europe ne saurait rattraper son arriéré que si 3% du produit intérieur brut sont consacrés à la recherche et au développement.  Certain pays européens font d’ailleurs mieux que nous :  les Pays-Bas semblent consacrer 1/3 de plus de moyens collectifs à la recherche scientifique et à l’innovation que ne le font la Flandre et la Wallonie.  En Finlande ce chiffre est même de 70%.  Il est d’ailleurs particulièrement intéressant de souligner au passage le succès que ce pays à enregistré sur le marché mondial de la téléphonie mobile dont le développement a été en grande partie possible grâce à la recherche scientifique Finlandaise et à son mode de subsidiation et de financement. 

Une ombre supplémentaire qui plane sur la Belgique se situe au niveau avec la structure d’âge du corps professoral de nos universités.  Il apparaît en effet qu’un tiers de nos professeurs sera mis à la retraite au cours des dix prochaines années ce qui veut dire concrètement que deux milles professeurs devront être remplacés.  La réforme BaMa c'est-à-dire le morcellement des programmes d’étude universitaire,  en exécution de la déclaration des Recteurs bien connue sous le nom de  « déclaration de Bologne »,  en un enseignement pour « bachelor »   et pour « master » suivie d’une formations post-graduée fortement internationalisée rendra l’enseignement supérieur et la recherche à ce niveau encore plus lourde pour les enseignants,  les accompagnateurs d’étudiants et les chercheurs.

Il est à espérer que l’ européanisation plus poussée  permettant  de larges échanges de professeurs,  de chercheurs  scientifiques et d’étudiants pourra apporter quelques soulagement dans cette situation.

Il est évident que notre bien-être doit beaucoup au dynamisme de notre économie et à la répartition judicieuse de la valeur ajoutée de manière globale.   En définitive il est cependant évident que dans les fonctions de croissance citées avec tant de virtuosité par les économes (ou les économistes)  les variations de nos connaissances et par conséquent la créativité innovatrice sont des facteurs d’importance primordiale.   Sans science et sans ses applications il n’y a pas de progrès,  ni quantitatif ni qualitatif pour autant que l’établissement scientifique se soumette à certaine normes d’éthique.  Denis Papin,  qui émigré en Angleterre et y inventa la machine à vapeur dès 1687 et donc un siècle avant la révolution industrielle,  en était parfaitement conscient.  Son invention avait créé les conditions de la mécanisation du travail humain.  Aujourd’hui nous sommes tous jetés dans le monde des connaissances parfois même avec la sensation de désespoir d’un noyé.  Et pourtant la troisième révolution industrielle ne vient que de commencer elle changera radicalement l’homme et son monde mais également notre vision de l’homme et du monde.  Depuis de nombreuses années j’explique à mes étudiants que la découverte de la télévision à eu plus d’impact sur la pensée humaine et son comportement que tous les apports de Platon, de Descartes et de  Karl Markx ainsi que des autres grand penseurs de notre histoire mondiale.  Le monde des connaissances conduit d’ailleurs à toute une série de paradoxes dont les scientifiques ne sont pas immédiatement conscients.  Il devient ainsi évident que la sur-information conduit à la désinformation.  Par ce biais le monde des connaissances conduit à beaucoup d’ignorance et par cela à beaucoup de simplismes parce que de nombreuses personnes ne savent plus faire la distinction entre l’essentiel et l’accessoire et parce que notre enseignement porte surtout sur l’esprit analytique et beaucoup moins sur la possibilité de synthèse.  Nous sommes tous les victimes de la dissociation des connaissances dans ce sens que la distance entre ce que nous savons et ce que nous devrions savoir devient inquiétante.  La loi de la diminution des connaissances relatives nous domine : ce que nous savons constitue un pourcentage progressivement décroissant de ce qui pourrait être connu.  Le Scientifique à par conséquent également une fonction sociale non seulement comme innovateur qui contribue à l’humanisation de la condition humaine mais également comme dispensateur de connaissance qu’il doit rendre compréhensible.  Dans notre société il y a un énorme besoin de pédagogie et beaucoup moins de démagogie.  Ce dernier mot signifie que le peuple est trompé : une maladie sociale qui apparaît dans une société qui par sa médiatisation extrême,  sa politisation et l’attrait du court terme trouble une perception correcte des possibilités mais également des défis que présente l’avenir.  Le scientifique actuel peut sans aucun doute mettre à profit sa crédibilité et son influence pour objectiver le débat social dans un nombre de domaines.

Que, malgré ce nombre de problèmes structurels et de difficultés des réalisations scientifiques exceptionnelles soient encore possibles dans notre pays est illustré  de manière extraordinaire par cette attribution du prix Francqui 2002.

Le Conseil d’Administration de la Fondation Francqui se ralliant à la conclusion des délibérations d’un jury international à décidé, au cours de sa séance du 9 avril 2002 d’attribuer le prix Francqui au Professeur Peter CARMELIET.

Le Professeur Carmeliet est né à Louvain en 1959, Il est Docteur de Médecine et la  « KU Leuven » titre qu’il a obtenu avec la plus grande distinction.  Il a été  « research fellow » rattaché à de nombreuses et prestigieuses institutions et universités étrangères, « visiting Professor » de nombreuses universités dans notre pays et à l’étranger avec comme par exemple la « Vrije Universiteit Brussel »,  l’Institut de recherches cardio-vasculaires de Maastricht,  la « Harvard Medical School » et j’en passe.  Depuis 1984 le professeur Carmeliet à accumulé de nombreuses distinctions scientifiques et est devenu membre des principales associations professionnelles dans son domaine : la biologie vasculaire.  Le lauréat peut faire état d’une liste longue et impressionnante de conférences ;  de publications dans les revues scientifiques les plus prestigieuses de sa spécialité,  de prix scientifiques et de reconnaissances internationales.  La Fondation Francqui est par conséquent particulièrement fière de  pouvoir couronner ce savant éminent qui a participé d’une manière tellement éclatante au rayonnement de la recherche scientifique dans notre pays.  Notre Conseil d’Administration a pris cette décision avec d’autant plus de conviction parce que le Professeur Carmeliet,  par ses recherches a réalisé une participation particulière au combat contre une des affections les plus présentes dans notre monde actuel,  qui conduit l’homme moderne vers  la maladie et souvent le décès :  je veux dire la pathologie cardio-vasculaire.

Permettez moi de vous donner lecture d’un passage des conclusions de la délibération du jury international dont je remercie les membres de manière particulièrement cordiale.  Il s’agit du Docteur Louis Cabero Roura de l’Université de Barcelone,  de Sir David Cox de l’Université d’Oxford,  du Professeur Gaillard de l’Université de Lausanne,  du Professeur Jean-Louis Guenet de l’Institut Pasteur de Paris,  du Professeur  John Hardy du National Institute of Health dans le Maryland, et du Professeur  Hans Pannekoek de l’Université d’ Amsterdam,  du Professeur Peter Reichard de l’Université de Padoue,  du Professeur Ron Rosenfeld du Oregon Health Institute et du Professeur Kurt van Figura de l’Université de Göttingen.  Je cite ici textuellement le texte des conclusions de leurs délibérations :

“Dr Peter Carmeliet is an internationally expert in the medical and scientific fields of angiogenesis and pathogenesis of cardiovascular disorders.  His work has led to the development of novel technologies and the production of promising drug targets for stroke, cancer, aneurysm formation, thrombosis and other diseases.  For example he demonstrated that vascular endothelial growth factor (VEGF) plays a dominant role in angiogenesis.  His studies in haemostasis have centred on Gas6, a protein S homolgue.  Mice lacking this gene are protected against thrombosis without causing bleeding, initiating important new therapeutic avenues.

At a young age he became a full professor at the University of Leuven and his laboratory has trained more than 30 pre- and post-doctoral students, considerably enrichting the academic community in Belgium.  His reputation as a collaborator is impeccable and his laboratory is extremely open and generous in providing materials to help the work of others in these areas.He is unquestionably an international leader and  an eminent scholar in his field.  His groundbreaking research holds the potential to  yield effective therapies for  numerous medically significant  conditions and thus improve the health of many people.In conclusion dr.Carmeliet is a superb scientist and at the top of his profession”. Fin de citation.

Sire,

La Fondation Francqui et toute la communauté universitaire et scientifique de notre pays vous sont particulièrement reconnaissants pour les marques de sympathies et d’encouragements que vous prodiguez à la recherche scientifique dans notre pays et à la  haute qualité de ces résultats obtenu grâce à l’engagement des meilleurs de nos chercheurs,  de nos académiciens et de nos scientifiques.

Permettez-moi de vous demander de remettre le diplôme du prix Francqui 2002 d’une valeur de € 100.000 à son lauréat le Professeur Docteur Peter CARMELIET. 

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