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Emile Francqui
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News

2021 Rapport Jury Michaël Gillon

Remise solennelle du Prix Francqui par Sa Majesté le Roi Philippe
au Palais des Académies le 1er juin 2022 

(uniquement sur invitation )

Carrière – Recherche – Rapport du jury

Sa Carrière

 

Michaël Gillon nait à Liège en 1974 et grandit à Louveigné, un petit village de la région liégeoise. Dès sa plus tendre enfance, ce fils d’un ouvrier communal et d’une secrétaire a toujours été attiré par les étoiles et fasciné par la possible existence d’une vie ailleurs dans l’Univers.

Il effectue ses humanités générales à l’Athénée d’Esneux (1e à 4e année), puis à celle d’Aywaille (5e et 6e année). Adolescent rêveur, il se cherche beaucoup. Les sciences l’intéressent, (la biochimie notamment,) mais les études universitaires qui lui sont présentées comme extrêmement difficiles l’intimident. C’est ainsi qu’à l’issue de ses études secondaires à l’âge de 17 ans, poussé par son goût pour le sport, il entame alors une carrière au sein de l’armée Belge, dans l’infanterie. Après quelques années comme fantassin au sein du Régiment des Chasseurs Ardennais de Marche-en-Famenne, il développe une maladie du système nerveux (fibromyalgie) qui rend son travail de militaire de moins en moins gratifiant. Diminué physiquement, il va alors se réfugier dans la lecture, notamment celle de nombreux livres de vulgarisation scientifique qui vont développer chez lui une passion toujours plus forte pour l’étude de la vie, de l’Univers et de leurs mystères. Réformé de l’armée pour raison médicale en 1998, il se lance ainsi, à 24 ans, dans une 1ère année en biologie à l’Université de Liège. Ce sera une révélation. A sa surprise, ses notes sont excellentes, ce qui renforce sa confiance en lui et exacerbe son envie d’apprendre et de comprendre. Il cumule alors, toujours à Liège, l’étude de biologie et de la physique (bacheliers), puis de la biochimie et l’astrophysique (masters).

En 2002, il entame alors, toujours à Liège, un doctorat en astrophysique axé sur la mission spatiale CoRoT. L’un des objectifs scientifiques de cette mission est la détection et l’étude d’exoplanètes, un jeune domaine alors en plein essor (les premières exoplanètes ne furent détectées qu’en 1992) intimement lié à la question qui fascine Michaël Gillon depuis toujours : sommes-nous seuls dans l’Univers ?

Après avoir défendu sa thèse en mars 2006, pour laquelle il obtient la plus grande distinction, il part ensuite pour un séjour post-doctoral à l’observatoire de Genève où il intègre pendant près de trois ans le groupe de Michel Mayor et Didier Queloz, pionniers du domaine récompensés en 2019 par un prix Nobel pour leur détection de la première exoplanète en orbite autour d’une étoile similaire au Soleil.

De retour à l’Université de Liège en janvier 2009, d’abord comme chercheur post-doctorant puis comme Chercheur Qualifié FNRS en 2010 et Maître de Recherches FNRS en 2018, le Docteur Gillon poursuit ses travaux sur la détection d’exoplanètes et leur caractérisation physico-chimique. Il est notamment à l’origine du projet TRAPPIST, basé sur un télescope robotique qu’il installe avec des collègues liégeois à l’Observatoire Européen Austral de La Silla au Chili en 2010, et pour lequel il dirige le programme exoplanète.  Il a également conçu et développé le projet SPECULOOS basé sur la recherche d’exoplanètes potentiellement habitables en transit autour d’étoiles proches de très faible masse. En 2020, il développe avec sa collègue liégeoise Emmanuelle Javaux une nouvelle Unité de Recherche au sein de l’Université de Liège consacrée à l’astrobiologie, un champ de recherche multidisciplinaire dédié à l’étude de l’origine, l’évolution, la distribution, et le futur de la vie dans l’Univers.

Durant sa carrière, le Docteur Gillon s’est vu décerner de nombreuses récompenses, dont un prestigieux prix Balzan en 2017 et la médaille Exceptional Scientific Achievement de la NASA en 2018. Il fût également nominé comme l’une des 100 personnes les plus influentes de la planète par le magazine Time en 2017.

Michaël Gillon aime partager sa passion pour la recherche avec le grand public, via notamment des conférences et sa participation à des documentaires télévisés. Il est également passionné de littérature de science-fiction. Il vit avec sa famille à Anthisnes, petit village de la région liégeoise.  Sa compagne se nomme Wendy et il est fier d’être le papa d’Amanda et de Lucas.

 

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 Ses travaux

En 1995, une nouvelle ère de l’astronomie moderne a débuté avec la découverte de la première planète en orbite autour d’une autre étoile semblable au Soleil. Depuis lors, plusieurs milliers de ces « exoplanètes » ont été découvertes, révélant une diversité inattendue de systèmes planétaires à l’échelle galactique. Nous savons désormais que la plupart des étoiles de la Voie lactée – et par extension de l’Univers – abritent leur propre cortège de planètes, et que l’architecture de notre système solaire n’est en rien la norme. De plus, il est désormais établi que des planètes de taille et de masse similaires à la Terre sont très fréquentes autour des autres étoiles que le Soleil, et que notre seule Galaxie abrite des dizaines de milliards de mondes potentiellement habitables. Dans un futur proche, certains télescopes géants devraient même être capables de sonder les compositions atmosphériques de certaines de ces planètes, afin d’y chercher notamment des traces chimiques d’origine biologique.

Le Docteur Gillon a apporté plusieurs contributions majeures à cette « révolution des exoplanètes », concentrant ses recherches pionnières sur le sous-ensemble des exoplanètes qui transitent (i.e. éclipsent) leurs étoiles parentes, motivé par la caractérisation détaillée (orbite, masse, rayon, atmosphère, etc.) rendue possible par cette configuration géométrique particulière.

En 2007, un an seulement après avoir terminé sa thèse de doctorat, il met en place une recherche des « transits » (c’est-à-dire des passages devant leur étoile) de planètes de faible masse. Cette recherche conduit aux premières mesures de la taille et de la densité d’une exoplanète significativement plus petite que Jupiter, GJ436b, qui s’est révélée être de densité similaire à celle de Neptune.

En 2008, il imagine et développe le projet d’un petit télescope robotique optimisé pour la mesure de transits d’exoplanètes.  Ce projet, qu’il nommera TRAPPIST, prendra vie en 2010 au Chili grâce à un financement du FNRS. Son programme exoplanète contribuera à la découverte de plus de deux cents planètes entre 2010 et 2021.

 

En 2009, le Docteur Gillon dirige la première mesure robuste de l’émission thermique d’une exoplanète depuis le sol, utilisant pour ce faire le Very Large Telescope européen situé au Chili. A la même période, il imagine un nouveau projet visant à détecter des exoplanètes potentiellement habitables se prêtant bien à des études atmosphériques détaillées, voir à la détection de traces de vie (biosignatures). Afin d’atteindre un objectif aussi ambitieux, le projet (que le Docteur Gillon nommera SPECULOOS) a comme concept de se focaliser sur des étoiles délaissées par les autres recherches d’exoplanètes, les « étoiles naines ultrafroides », des étoiles bien moins massives et plus froides que le Soleil et de taille comparable à Jupiter. Alors que les estimations théoriques de l’époque prédisent une faible occurrence de planètes similaires à la Terre autour de ces étoiles miniatures, Michaël Gillon a l’intuition du contraire et estime que SPECULOOS pourrait découvrir les premières exoplanètes se prêtant bien à la recherche de traces de vie.

En 2010, Michaël Gillon initie un autre projet de recherche de transits d’exoplanètes, cette fois avec le télescope spatial Spitzer de la NASA. En 2011, cette étude détecte le transit d’une « super-Terre » en orbite autour de l’étoile proche 55 Cancri, et révéle sa composition rocheuse. En poursuivant leurs observations, son équipe et lui vont alors détecter la « lumière » de la planète (son émission thermique), une première pour une planète de si petite taille.

En 2011, Michaël décide d’utiliser TRAPPIST comme prototype pour SPECULOOS, observant une après l’autre un échantillon d’une cinquantaine d’étoiles ultrafroides très proches afin de démontrer la possibilité de détecter une Terre potentiellement habitable autour de ce genre d’étoiles (et d’ainsi convaincre divers sponsors de financer SPECULOOS).

Fin 2015, SPECULOOS est partiellement financé (notamment par le Conseil Européen de la Recherche) et en plein développement, et son prototype sur TRAPPIST est toujours en cours. Ses observations révèlent alors l’existence de trois planètes de taille terrestre autour d’une étoile ultrafroide proche que le Docteur Gillon va renommer « TRAPPIST-1 ». Cette découverte démontre ainsi de la manière la plus éclatante qui soit l’intuition à la base du projet SPECULOOS : les étoiles ultrafroides abritent bien des planètes similaires en taille et en masse à la Terre. Avec son équipe, Michaël Gillon va alors intensifier l’observation de l’étoile en 2016. Leurs observations vont révéler la présence de quatre autres planètes de taille terrestre autour de l’étoile. Trois de ces planètes orbitent dans la zone « habitable » de l’étoile, et toutes les sept se prêtent bien à une étude atmosphérique détaillée avec les télescopes géants en préparation, notamment le télescope spatial James Webb (qui devrait être lancé par la NASA en octobre de cette année 2021). Cette découverte, qui apporte la première opportunité de trouver de la vie autour d’une autre étoile que le Soleil, va connaître un impact scientifique et médiatique énorme.

Toujours entre 2015 et 2017, le programme Spitzer dirigé par le Docteur Gillon révèle la composition rocheuse de deux autres super-Terres en orbite autour d’une étoile située à « seulement » 21 années-lumière de la Terre, ce qui en fait les exoplanètes rocheuses les plus proches connues à ce jour.

A partir de 2018, Michaël Gillon se consacre quasiment exclusivement à l’étude de TRAPPIST-1 et au développement de SPECULOOS.  Il dirige ainsi le programme d’exploration Red Worlds de la NASA dont les observations de TRAPPIST-1 effectuées à nouveau avec le télescope spatial Spitzer permettent de mesurer la masse et la taille des sept planètes avec une précision inégalée, confirmant leur nature rocheuse et apportant des contraintes importantes sur leurs compositions internes. En parallèle, il lance avec sa collaboratrice Victoria Meadows (Univ. de Washington) une initiative communautaire ayant pour objectif d’optimiser l’étude des planètes du système avec James Webb. Quant au projet SPECULOOS, il voit le jour et commence ses observations en 2019, et traque depuis lors  sans relâche des systèmes similaires à TRAPPIST-1.

Sur l’ensemble de sa carrière, le Docteur Gillon a directement participé à la détection de plusieurs centaines d’exoplanètes, et à l’étude détaillé de plusieurs dizaines d’entre elles. Il est à l’origine de plusieurs découvertes majeures en exoplanétologie, notamment celle des premières exoplanètes potentiellement habitables se prêtant bien à une recherche de traces chimiques de vie. Ses travaux constituent un pas de plus vers la réponse à la question fascinante de l’existence d’une vie ailleurs dans l’Univers.

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Rapport du Jury (19 avril 2021)

The 2021 Francqui Prize is awarded to Michaël Gillon for his pioneering discoveries in astronomy, in particular in the fields of comparative exoplanetology and astrobiology. His research on transiting exoplanets led to the discovery of many earth-sized planets, in particular the famous TRAPPIST-1 system, which hosts seven terrestrial planets allowing us to investigate potentially habitable worlds far beyond our own.

In 1995, a new era of modern astronomy started with the discovery of the first planet in orbit around another Sun-like star. Since then, more than 4000 of these exoplanets have been discovered revealing an unexpected diversity of planetary systems. Michaël Gillon is a world leader in the second wave of this “exoplanet revolution”, most notably in the finding and characterization of low-mass planets like Earth by the transiting technique.

Transiting exoplanets are planets in other solar systems that happen to be aligned relative to us such that the planets pass in front of their central star and block a part of its light. The blocking of light by the planet and its atmosphere can be studied from space as well as from the ground, and Dr. Gillon has done both. These systems allow us to thoroughly characterize large samples of terrestrial worlds, assess their potential habitability, and even to probe their atmospheric compositions for chemical signs of life.

The TRAPPIST-1 exoplanetary system is a compact analog of the inner solar systemconsisting of seven Earth-sized planets around a faint low-mass star, of which three lie in the habitable zone. Located 40 light years from earth, these exoplanets only need a few days up to two weeks to complete one orbit around their star. Dr. Gillon provided the first mass and radius measurements of these habitable Earth-sized planets and thus their bulk densities

and overall composition. His discovery has catalyzed a flurry of new studies and has captured the attention of people around the globe, not only experts, but also the general public.

These findings did not happen by chance, but resulted from a clear strategy and a focused observational and instrumentation program. In 2007, well before the TRAPPIST-1 discovery, Dr. Gillon launched a search for the transits of low-mass planets previously detected by radial velocity measurements. He developed techniques for extreme precision photometry from the ground using small telescopes. This project led to the first size measurement of an exoplanet significantly smaller than Jupiter and with a density similar to Neptune. In 2011 he and his colleagues found the transit of a “super-Earth” orbiting a naked-eye star and directly detected light from a rocky exoplanet. Dr. Gillon continues to play an important role in many current and future space-based transiting exoplanet programs on the ground and in space. He led the relatively low-cost TRAPPIST project and the 2017 publication of its most famous result. This signature discovery has inspired billions of people around the world and changed how we think about life and our place in the universe.

 

Jury International dans lequel siégeaient :

Professor Dr. Ben L. Feringa , born May 18, 1951 in Barger-Compascuum, is a Dutch chemist winner of the 2016 Nobel Prize in Chemistry, which he won for his work with Jean-Pierre Sauvage and James Fraser Stoddart on the design and synthesis of molecular machines.  Jacobus van’t Hoff Distinguished Professor Molecular Sciences.

Président

et

Professor Dr. Matthias Beller is born in Gudensberg (Germany) in 1962, obtained his PhD in 1989 working with Lutz F. Tietze at the University of Go¨ttingen. After one year of post-doctoral research with Barry Sharpless at MIT (USA), from 1991 to 1995 he worked at Hoechst AG in Frankfurt. Then, he started his academic career at TU Munich. In 1998, he relocated to Rostock to head the LeibnizInstitute for Catalysis. Matthias Beller is also Vice-president of the Leibniz Association and a member of 3 German Academies of Sciences including the German National Academia ‘‘Leopoldina’’. The research of his group has been published in more than 1000 original articles and reviews and focused on applying homogeneous and heterogeneous catalysis for the synthesis of fine/bulk chemicals as well as energy technologies.

Robbert Dijkgraaf is director and Leon Levy Professor at the Institute for Advanced Study and distinguished university professor of mathematical physics at the University of Amsterdam. His research focusses on the interface between mathematics and particle physics. He is past president of the Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences and the InterAcademy Partnership, the
global alliance of national academies of science. He was awarded the Spinoza Prize and holds honorary degrees from Nijmegen, Leiden and Brussels. He is a member of the American Academy of Arts and Sciences and the American Philosophical Society, and a foreign member of the Royal Society of Edinburgh and the Royal Flemish Academy of Belgium for Science and the Arts.

Heino Falcke is Professor of Astroparticle Physics and Radio Astronomy at the Institute for Mathematics, Astronomy and Particle Physics (IMAPP) of the Faculty of Science at Radboud University in Nijmegen and member of the Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences (KNAW). He studies black holes and high-energy elementary particles, using the entire range of theoretical, computational, observational and experimental astrophysics.  In 2000 he proposed to image the shadow of a black hole with radio telescopes and later played a leading role in the Event Horizon Telescope collaboration, presenting the first image of a black hole. Awards that he received include the Netherlands Spinoza Prize, the Henry Draper medal of the US National Academy of Science, the Academy Award of the Berlin-Brandenburg Academy of Sciences and Humanities, and two ERG grants.

 

Professor Sir Richard Friend FRS is at the Department of Physics at the University of Cambridge. His research encompasses the physics, materials science and engineering of semiconductor devices made with carbon-based semiconductors, particularly polymers.  His research advances have shown that carbon-based semiconductors have significant applications in LEDs, solar cells, lasers, and electronics.   These have been developed and exploited through a number of spin-off companies.  His current research interests are directed to novel schemes that seek to improve the performance and cost of solar cells.

Professor Friend is a Fellow of the Royal Society and of the Royal Academy of Engineering, and a Foreign Member of the US National Academy of Engineering.  He has received many international awards for his research, including Laureate of the Millennium Prize for Technology (2010) the Harvey Prize (2011) of the Israel Institute of Technology and the von Hippel Award of the Materials Research Society (2015).  He was knighted for « Services to Physics » in the Queen’s Birthday Honours List, 2003.

Professor Jianqing Fan is Frederick L. Moore Professor, Princeton University.   He was the past president of the Institute of Mathematical Statistics and International Chinese Statistical Association. He is co-editing  Journal of  Business and Economics Statistics and was the co-editor of The Annals of StatisticsProbability Theory and Related Fields, and Journal of Econometrics.    His published work on statistics, machine learning, economics, finance, and computational biology has been recognized by numerous awards and honors.

Professor Laura Kiessling earned a BS in Chemistry from the Massachusetts Institute of Technology and a Ph.D. in Organic Chemistry from Yale University.  After two years at the California Institute of Technology as an American Cancer Society Postdoctoral Fellow, she joined the faculty of the University of Wisconsin, Madison in 1991. In 2017, she returned to MIT as the Novartis Professor of Chemistry and Member of the Broad Institute. Her interdisciplinary research interests have advanced our understanding of cell surface recognition processes, especially those involving protein-glycan interactions. Laura is a Fellow of the American Association for the Advancement of Science, and a Member of the American Academy of Microbiology, and National Academy of Sciences.  She is the current and founding Editor–In-Chief of ACS Chemical Biology. Her honors and awards include a MacArthur Foundation Fellowship, a Guggenheim Fellowship, the ACS Gibbs Medal, the Tetrahedron Prize, and the Centenary Prize from the Royal Society of Chemistry.

Mathieu Luisier is Associate Professor of Computational Nanoelectronics in the Department of Information Technology and Electrical Engineering of ETH Zurich, Switzerland. He earned his diplom in electrical engineering in 2003 and his Ph.D. in the same field in 2007, both from ETH Zurich. In 2008 he joined the Network for Computational Nanotechnology at Purdue University as a Research Assistant Professor before returning to ETH Zurich in 2011. His research focuses on the atomistic modeling and the study of the fundamental properties of nanoscale devices, e.g. ultra-scaled transistors, memories, or photovoltaic cells. Prof. Luisier was the recipient of an ERC Starting Grant in 2013 and of the ACM Gordon Bell Prize in 2019 for outstanding achievement in high-performance computing.

Professor Jens K. Nørskov holds the Villum Kann Rasumussen professorship at the Technical University of Demark and he is chairing the Danish National Research Foundation. His research aims at developing theoretical methods and concepts to understand and predict properties of materials focusing primarily on catalysis and sustainable energy solutions. He has received a number of awards and honors, and he is a member of the Royal Danish Academy of Science and Letters, the Danish Academy of Engineering (ATV), and a foreign member of the US National Academy of Engineering.

 Richard J. Samworth is Professor of Statistical Science and Director of the Statistical Laboratory at the University of Cambridge.  His research interests are in nonparametric and high-dimensional Statistics.  He received the COPSS Presidents’ Award in 2018, and currently serves as co-editor of the Annals of Statistics.

Ewine van Dishoeck is Professor of molecular astrophysics at Leiden University, the Netherlands, following positions at Harvard, Princeton and Caltech.  Her many awards include the 2018 Kavli Prize for Astrophysics and the 2018 Watson Medal of the US-NAS.  She is a Member or Foreign Associate of several academies, including that of the Netherlands, USA, Germany and Norway. From 2018-2021, van Dishoeck serves as the president of the International Astronomical Union (IAU).

Professor Dr. Martin Wolf received his PhD for studies on surface physics with Gerhard Ertl. After postdoc stays in Austin, Berlin and Yorktown Heights he was appointed in 2000 as full professor in experimental physics at the Freie Universität Berlin and since 2008 he has been director of the Physical Chemistry department at the Fritz Haber Institute of the Max Planck Soceity. His research focuses on the dynamics of elementary excitations at surfaces, interfaces and in solids, ultrafast photoinduced dynamics and transient electronic structure in correlated materials, interfacial electron transfer and vibrational spectroscopy at interfaces.

Membres

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Discours du Comte Herman Van Rompuy
Président de la Fondation Francqui

Het is reeds drie jaar geleden dat we met een vol huis de jaarlijkse Francqui en Francqui-Collen prijs konden uitreiken. Als we hier terug samen kunnen zijn is het dank zij de inspanningen van de bevolking zelf, van alle zorgverleners maar ook van de wetenschap. Zonder vaccins zouden we hier niet zitten. Op een minimum van tijd werden door onderzoekers, vooral uit de Europese Unie,  vaccins ontwikkeld waarvan een zeer groot deel in dit land werd geproduceerd. Ik ben ervan overtuigd dat het overgrote deel van de burgers deze vitale rol van de wetenschap erkent en er dankbaar om is. Een ander deel twijfelt of belandt zelfs in een alternatieve wereld. Het is onbegrijpelijk op een moment dat de wetenschap andermaal zo’n bijdrage levert tot een beter leven. Wij zijn hier om hulde te brengen aan onderzoekers actief in alle wetenschappelijke disciplines.

 

Mais l’irrationalité, malheureusement, est beaucoup plus profonde. Aujourd’hui, la guerre réapparaît sur notre continent.  Certains dirigeants – lesquelles? cela va sans dire – laissent l’instinct, le penchant pour la mort, l’emporter sur l’humanité. La raison et la rationalité sont repoussées par la manipulation des angoisses, par un langage purement identitaire, par la création d’images d’ennemis. Des dizaines de milliers de personnes sont tuées dans une sorte de fureur nihiliste. Tout cela pour un morceau de terre pour le plus grand pays du monde. Où est la conscience des responsables? Ce sont des vies humaines, chacune d’elles chérie, éduquée, entourée de soins de santé parce que chaque être humain compte. Oui, c’est un « choc des civilisations », mais pas celui qui avait été prédit. Il ne s’agit pas d’une guerre idéologique ou religieuse, mais d’une sorte de lutte quasi-coloniale, d’une guerre de conquête. Seul le pouvoir compte, pas les personnes. Et tout cela, àl’heure où la révolution numérique démontre le pouvoir de la science et de la technologie et à l’heure où nous devrions utiliser toute notre énergie et notre raison pour sauver l’humanité et la planète de la destruction climatique. Je suis heureux et fier que l’Union européenne nous ait évité de répéter les erreurs tragiques du passé et nous ait donné toutes les chances de vivre en paix et de donner une vie meilleure pour tous et pour toutes. La raison, l’équité et l’éthique basée  sur l’unicité de chaque personne humaine, ne disparaîtront pas et ne peuvent pas disparaître. Il est de notre devoir de continuer à nous battre pour ces valeurs. C’est le véritable humanisme auquel nous travaillons en Europe depuis 2500 ans, avec des hauts et des bas, et auquel nous sommes tous désormais si attachés. C’est notre ‘raison d’être’.

De Francqui-prijswinnaars van vorig jaar en van dit jaar staan veraf van de wereld van onzekerheid en angst van vandaag. Zij verkennen resp. als astronoom en als archeologe een andere tijd en een andere ruimte. Ze brengen ons ver terug in de tijd van vóór de homo sapiens. Dr. Gillon en Dr. Rots geven mee antwoorden op de vraag: waar komen wij vandaan als mens en in welke kosmos leven wij? Wie waren wij en wie zijn wij? In welk heelal leven en sterven de mensen en misschien andere levende wezens? Het gaat om de eindeloze nieuwsgierigheid van de wetenschappers die ons steeds meer lagen van de werkelijkheid in ons en rondom ons leren kennen. Een astronoom en een archeologe helpen ons hierbij. Een dialoog tussen beiden  zou trouwens een mooi boek kunnen opleveren. Just an idea!

Un jury international présidé par un prix Nobel, respectivement le professeur Ben Feringa (chimie, 2016) et le professeur Eric Maskin (économie, 2007), est parvenu à l’unanimité à ces propositions, qui ont été approuvées avec enthousiasme par le Conseil d’administration de la Fondation. D’ailleurs, ce jury ne se soucie pas de nos équilibres communautaires et idéologiques. Ils et elles sont guidés uniquement par la qualité de la contribution à la science. La valeur du prix dépend de la valeur du jury. Et cette dernière est élevée.

Le prix Francqui 2021 en Sciences exactes est décerné à Michaël Gillon (ULiège) pour ses recherches pionnières en exoplanétologie et astrobiologie. Michaël Gillon a conçu deux réseaux de télescopes robotiques innovants, TRAPPIST et SPECULOOS, grâce auxquels il a pu étudier avec une précision inégalée des exoplanètes depuis la Terre. Ces télescopes, sont placés à différents endroits dans le monde. Michael Gillon a ainsi découvert sept planètes potentiellement habitables, qu’il a nommées « TRAPPIST-1 ». Il est ainsi le premier à avoir pu prouver que des planètes similaires en taille et en masse à la Terre, ne gravitent pas seulement autour du Soleil mais également autour d’étoiles ultrafroides et que celles-ci pourraient abriter la vie. Le caractère révolutionnaire de sa découverte a été reconnu à l’unanimité par la communauté scientifique, dont la NASA, inspirant des milliards de personnes à travers le monde.

Les deux noms -Trappist et Speculoos- font référence aux origines du chercheur. « Je me rappelle, dit Michaël Gillon-, être à l’Observatoire Européen de La Silla, dans le désert d’Atacama au Chili. Je réfléchissais à des acronymes qui fassent référence à la Belgique. C’est comme ça que m’est venue l’idée de « TRAPPIST » (TRAnsiting Planets and Planet-esimals Telescope), en référence à l’une des catégories de bières belges les plus appréciées au monde. Le projet SPECULOOS (Search for Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars) est arrivé plus tard, lorsque j’ai voulu lancer un projet plus ambitieux et qui s’axerait davantage sur les planètes potentiellement habitables ».

Fasciné par l’existence d’une vie ailleurs, Michaël Gillon a concentré ses recherches sur les étoiles naines ultrafroides : « Comme leur nom l’indique, ces étoiles sont beaucoup plus petites et froides que les étoiles similaires au Soleil. Elles sont également beaucoup plus fréquentes dans l’Univers. Notre découverte du système TRAPPIST-1 a démontré qu’elles pouvaient abriter de nombreuses planètes de type terrestre suffisamment tempérées que pour potentiellement avoir de l’eau liquide à leur surface et donc permettre des conditions habitables. De plus, ce sont les seules étoiles pour lesquelles notre technologie actuelle est capable d’étudier la composition atmosphérique d’une planète semblable à la Terre. Peut-être qu’un jour, nous y détecterons des traces de vie ! C’est pour toutes ces raisons que j’ai axé mes recherches sur ces étoiles miniatures ».

Dit jaar gaat de Francqui-Prijs voor humane wetenschappen naar prof. Veerle Rots, ook Hoofdonderzoeker van het FNRS (Fonds de la Recherche Scientifique) aan de Université de Liège en alumna van de KULeuven. Ze wordt hiermee bekroond voor haar baanbrekende analyse van prehistorische stenen werktuigen. Al jarenlang spitst dr. Rots zich toe op het begrijpen van het menselijk leven achter deze werktuigen door de sporen erop te analyseren. Het onderzoek toont aan hoe de Neanderthaler een stuk innovatiever was dan tot nu toe gedacht, strategischer kon denken dan vermoed  en reeds in staat was complexe werktuigen te maken. Het concept montage (van stenen werktuigen op een organisch handvat) is een stuk ouder dan we dachten en dateert van zeker 250.000 jaar geleden. Het opent de deur naar de mysterieuze wereld van zo lang geleden. Bovendien lijkt het erop dat hij misschien toch niet zo verschillend was van de vroeg moderne mens. Via haar onderzoekslaboratorium TraceoLab ontwikkelde Veerle Rots de grootste referentiecollectie ter wereld en bouwde ze bovendien een robuust analytisch kader uit. Dat allesomvattende onderzoekskader wordt internationaal erkend en door vele jonge wetenschappers als voorbeeld gebruikt.

Dr. Veerle Rots zegt hierover zelf: « Via een microscopische analyse van stenen werktuigen zijn we op zoek gegaan naar de onzichtbare sporen van het menselijk leven in de prehistorie. De slijtagesporen op de stenen laten ons toe om ook zonder het organisch materiaal dat aan het stenen werktuig was bevestigd, te zien welke technologie werd gebruikt en welke materialen werden verwerkt. Zo heb ik me tijdens mijn onderzoek ook sterk toegespitst op de jachttechnologie, om een manier te vinden om zonder het organisch materiaal, te bepalen vanaf wanneer jachtwapens vanop een afstand gelanceerd werden zoals met een speerdrijver of een boog .  De gebruikte jachttechnologie biedt ons ook nieuwe inzichten over de sociale organisatie van de mens tijdens het Paleolithicum. Het is enorm interessant dat we via dit type microscopisch onderzoek niet alleen informatie over prehistorische technologie en strategieën voor voedselvoorziening kunnen blootleggen, maar ook onder meer de functie van een site, de organisatie van activiteiten en de complexiteit van menselijk gedrag. Dat we dit ontdekt hebben is op zich al revolutionair”.

Wetenschap doe je niet alleen. Achter en met elke onderzoeker staat een team van enthousiaste collega’s, een universitaire gemeenschap, een financierende overheid en  sponsors die bijspringen. Dat is hier ook het geval. Daarom zijn ze allemaal hier vandaag aanwezig.

Deze plechtigheid is ook een goede gelegenheid om de Francqui-Collen prijswinnaars van 2020 voor bio-medische wetenschappen voor te stellen aan het bredere publiek. Zij ontvingen reeds hun prijs in een beperkte kring uit de handen van Zijne Majesteit de Koning. Cédric Blanpain (ULB) werd gehuldigd voor zijn fundamenteel onderzoek op het gebied van kanker en stamcelbiologie en Bart Loeys (UAntwerpen) voor zijn klinisch onderzoek naar genetische ziekten die de bloedvaten aantasten. De pandemie herinnerde er ons aan hoe centraal de geneeskunde staat in onze samenleving en onze beschaving.

La Belgique est un pays de grande tradition scientifique. Nous ne nous contentons pas d’avoir le meilleur gardien de but du monde ou les meilleurs réalisateurs de films, même si cela nous plaît beaucoup! Les chercheurs que nous avons honorés au fil des ans sont porteurs de cette tradition scientifique. Symboliquement, nous sommes ici dans le Palais des Académies, le temple de la science, situé au centre de la capitale, comme il se doit, à proximité des autres immeubles autour du parc Warande où sont logés les pouvoirs politiques du pays, mais ce Palais est aussi bien séparé d’eux.

Wetenschap en innovatie zijn natuurlijk drijvers van economische welvaart en van welzijn. Maar zelfs al heeft onderzoek geen onmiddellijk nut toch heeft het zin omdat de mens in wezen zoekend is naar wie hij is, vanwaar hij komt, waarnaar hij of zij naartoe gaat. Die zoektocht is typisch voor de eeuwige mens. Zonder dat verlangen kunnen wij gewoon niet leven. We moeten die rusteloosheid van Ahasverus bewaren. We mogen niet tevreden zijn met wat we reeds weten zonder te vervallen in ontevredenheid en negativiteit. De boer-onderzoeker: hij of zij ploegde voort.

Ik wens alle laureaten van de laatste drie jaar nogmaals geluk. Ik hoop dat niets een gelijkaardige plechtigheid volgend jaar in de weg staat.

Je félicite à nouveau tous les lauréats des trois dernières années. J’espère que rien ne nous empêchera d’organiser une cérémonie similaire l’année prochaine.

 

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Discours du Professeur Michaël Gillon

 

Sire, Excellenties, Excellences, zeer geachte Dames en Heren, Mes Dames et Messieurs

C’est un immense honneur de recevoir aujourd’hui le Prix Francqui, le prix scientifique Belge le plus prestigieux, des mains de Votre Majesté. Je suis très fier d’être citoyen d’un pays dont le souverain et sa famille soutiennent activement la recherche fondamentale, ce que démontre de manière éclatante votre présence aujourd’hui.

Ik wil de Stichting Francqui en de leden van de internationale jury bedanken dat zij mij tot winnaar van deze prijs hebben gekozen. Uw keuze brengt mij uiteraard grote vreugde en trots, maar ook een diep gevoel van nederigheid. Ons kleine land telt inderdaad vele wetenschappers van hoge kwaliteit die deze prijs evenzeer zouden hebben verdiend als ik. Bovendien kan men zich niet nederig voelen bij het zien van de lijst van vorige winnaars van deze prijs. In mijn vakgebied, de astrofysica, is er Georges Lemaître, vader van de Big Bang, Pol Swings, pionier in de spectroscopische studie van kometen, Paul Ledoux, pionier in de studie van de stabiliteit van sterren, en meer recent Conny Aerts, ook een leidende figuur in de studie van sterren. Het feit dat mijn naam zich nu bij die van zulke illustere astrofysici voegt, geeft mij het ietwat surrealistische gevoel dat ik op de schouders van reuzen sta.

Je tiens à remercier tous les membres de mon équipe et mes collaborateurs, actuels et passés. La recherche fondamentale est une activité collective, et c’est ensemble que nous avons acquis de si beaux résultats dans l’étude des exoplanètes. Rien n’aurait été possible sans vous. Je dispose d’un timing trop serré pour vous citer toutes et tous, et de plus si je le faisais, je risquerais d’oublier quelqu’un, mais je tiens néanmoins particulièrement à mettre à l’honneur deux personnes.

La première est mon collègue liégeois le Docteur Emmanuël Jehin. C’est ensemble que nous avons développé notre projet TRAPPIST, lui pour étudier ses belles comètes et moi pour traquer mes lointaines exoplanètes. Son expertise instrumentale et observationnelle combinée à son énorme capacité de travail ont largement contribué aux nombreuses découvertes engrangées par TRAPPIST, mais aussi à donner vie à mon rêve de projet plus ambitieux nommé SPECULOOS. Vous noterez par ailleurs, Sire, cher(e)s toutes et tous, que j’ai toujours tenu à donner à nos projets des noms ayant une référence directe avec la Belgique, sans se prendre trop au sérieux.

La deuxième collègue que j’aimerais particulièrement remercier se nomme Laetitia Delrez. Tout d’abord comme doctorante puis comme chercheuse post-doctorante, elle a apporté une contribution majeure aux succès de TRAPPIST puis de SPECULOOS.  Je l’en félicite vivement, et je me réjouis de sa présence au sein de mon équipe à Liège qui est d’excellente augure pour le développement de l’exoplanétologie en Belgique.

Je voudrais remercier les différents mentors qui ont jalonné toutes les phases de mon apprentissage scientifique et humain. Je n’ai hélas pas le temps de les citer tous, mais je citerai néanmoins les Professeurs Suisses Michel Mayor et Didier Queloz que je remercie vivement pour toutes les connaissances et l’expertise qu’ils m’ont permis d’acquérir au début de ma carrière scientifique. C’est à leurs côtés que je suis devenu un véritable chasseur de planètes.

Je tiens à remercier chaleureusement le Rectorat de l’Université de Liège pour son support constant à mes recherches en exoplanétologie et en astrobiologie. Je remercie également le service de communication de l’ULiège d’avoir toujours su se montrer très efficace dans le partage de nos résultats avec le public.  J’adresse ici un merci tout particulier au FNRS, qui non seulement m’a donné le meilleur travail au monde – à savoir celui de scientifique permanent doté d’une liberté totale dans ses recherches – mais qui a aussi toujours soutenu mes projets, que ce soit via des financements directs, par exemple pour TRAPPIST et SPECULOOS, mais aussi via des bourses de doctorat et de post-doctorat.

Ik dank het Federaal Wetenschapsbeleid, het Waals Gewest en de Europese Onderzoekscommissie, die allen mijn werk hebben gefinancierd. Ik wil ook de European Southern Observatory bedanken, die ermee heeft ingestemd onze telescopen onder te brengen in haar prachtige observatoria in de Atacama-woestijn in Chili, en die mijn team en medewerkers ook in staat heeft gesteld cruciale waarnemingen te doen in ons onderzoek naar exoplaneten. Dit laatste dankwoord geldt ook voor de NASA en de ESA.

Je tiens également à remercier mes collègues les Professeurs Emmanuelle Javaux et Véronique Dehant de m’avoir proposé à ce prix, alors que vous le mériteriez toutes deux autant que moi. Je remercie également le Professeur Javaux de m’aider à développer l’astrobiologie à l’Université de Liège. J’espère que nos autorités sauront nous apporter le soutien dont avons besoin pour cela.

Enfin, j’aimerais remercier ma famille, à commencer par mes parents qui ont toujours fait preuve d’un amour inconditionnel et d’un support sans faille envers moi. Vous m’avez donné le cadre qui m’a permis de devenir l’homme que je suis et de réaliser mes rêves. Je ne peux pas vous montrer de vraies images de ces exoplanètes qui me font tant rêver, mais je suis sûr que vous les avez vues de nombreuses fois dans mes yeux.  Mes plus vifs remerciements vont aussi à mes deux beaux enfants, les deux soleils de mon ciel intérieur. Ma curiosité et mon imagination me font sans cesse voyager à travers la galaxie, mais grâce à vous, je retrouve toujours le chemin de la Terre.

Nos sociétés humaines actuelles, aussi développées soient-elles, ne sont pas si éloignées des premiers groupes d’homo sapiens qui se blottissaient la nuit autour du feu, entourés d’inquiétantes ténèbres.  La recherche fondamentale est l’équivalent moderne de ce feu : elle chasse les ténèbres de l’ignorance et l’obscurantisme, nous apporte la connaissance de l’univers qui nous entoure, et nous donne les moyens et le courage de l’explorer plus avant, et même, localement et modestement, de le refaçonner. Elle est l’expression d’un trait profondément ancré dans l’ADN de notre espèce : la curiosité. Nos ancêtres préhistoriques ont toujours voulu savoir ce qui se trouvait derrière l’horizon, et cela les a amenés à explorer la planète entière, même ses parties les plus inhospitalières. Aujourd’hui, grâce à la recherche fondamentale, notre curiosité peut se porter plus loin, vers l’infiniment petit, mais aussi vers l’infiniment grand, et notamment vers les étoiles. La plupart d’entre nous sommes fascinés par la possible existence d’une vie autour d’autres soleils. Le développement de l’exoplanétologie nous approche petit à petit d’une réponse scientifique à cette question fondamentale.  Grâce à elle, un jour, nous acquerrons peut-être la certitude que la vie foisonne dans l’univers, ce qui changerait à jamais notre vision du cosmos. Il est capital que la Belgique continue à tout faire pour jouer un rôle de premier plan dans cette grande aventure scientifique.

Sire, Excellenties, Excellences, dames en heren, Mesdames et Messieurs, i dank U allen van harte, je vous remercie chaleureusement.