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Fondation
Francqui-Stichting |
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Curriculum Vitae - Rapport du Jury - Discours
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Diplôme universitaires :
Docteur en médecine, Université
Catholique de Louvain, 1941 Fonctions :
Professeur ordinaire à la Faculté
de Médecine de l'Université Catholique de Louvain : chimie physiologique,
biochimie et biochimie cellulaire
Curriculum vitae : Distinctions scientifiques :
Prix Louis Empain, 1943 * * * Rapport du Jury (23 avril 1960) Considérant que Monsieur Christian de Duve, Professeur à l'Université Catholique de Louvain, a apporté une contribution d'importance fondamentale à la connaissance du métabolisme des hydrates de carbone et à la distribution spatiale des enzymes dans la cellule, considérant l'originalité de ses travaux, lesquels sont universellement appréciés et contribuent incontestablement à augmenter le prestige scientifique de la Belgique, décide de conférer le Prix Francqui 1960 à Monsieur le Professeur Christiant de Duve. Jury International dans lequel siégeaient :
Le Professeur P. Gérard
Le Professeur J. Benoit
Le Professeur E.
Brouwer
Le Professeur M.
Dallemagne
Le Professeur M.
Dubuisson
Le Professeur S. J.
Folley
Le Professeur H.
Laugier
Le Professeur E.C.
Slater * * * Discours de Monsieur Solvay, Président de la Fondation Francqui Messieurs, C'est la première fois depuis l'institution du Prix Francqui que ce Prix ne sera pas remis par le Roi. J'ai été chargé de l'honneur de vous dire combien vif est le regret que Sa Majesté éprouve de ne pouvoir aujourd'hui assister à cette cérémonie. Le Roi m'a prié de faire connaître au Professeur de Duve qu'il lui accordera audience dans un très proche avenir. Chacun comprendra les raisons majeures de la décision prise ce matin par le Roi. Nous serons unanimes à Le prier d'accepter l'hommage de notre inaltérable, reconnaissant et respectueux attachement. Le Dr. Christian de Duve, notre lauréat de ce jour, est âgé de 42 ans. Docteur en médecine en 1941 et agrégé de l'enseignement supérieur en 1945, il fut collaborateur pendant dix-huit mois du Professeur Theorell, à l'Institut Médical Nobel, à Stockholm, puis pendant six mois, du Professeur Cori, au Département de Chimie biologique de la "Washington University", à St-Louis; titulaire du Prix Scientifique Interfacultaire Louis Empain, du Prix des Alumni et du Prix Pfizer, il accéda au professorat à l'Université de Louvain en 1947. Son brillant enseignement lui confère le rang d'un chef d'école. Le Professeur de Duve participa activement à d'innombrables congrès scientifiquesn symposia et colloques internationaux et ses interventions y firent autorité. Appelé à conférencier notamment à Paris, Londres, Cambridge, Chicago et New York, le Professeur de Duve s'y affirma comme un Maître en ce domaine scientifique si passionnant qu'est celui de la biochimie, et plus particulièrement de la biochimie cellulaire. Le Jury international qui nous avions réuni à l'effet de juger l'oeuvre des candidats au Prix Francqui 1960, et qui siégea sous la présidence du Professeur Pol Gérard, a rendu son verdict le 23 avril 1960. C'est dans ces conditions que notre Conseil, unanime, porta son choix sur le Professeur de Duve. * * * Discours du Professeur Christian de Duve Permettez-moi de vous dire d'abord la joie profonde que j'éprouve, pour les miens et pour moi-même, de voir mon nom s'ajouter à un palmarès aussi prestigieux que celui du Prix Francqui ; pour vous dire aussi combien il est rassurant et ecourageant pour un chercheur de voir la foi et l'enthousiasme qui sont les conditions nécessaires mais subjectives de son effort épaulées d'une manière objective par un "satisfecit" délivré par d'éminentes personnalités du monde scientifique ; de dire enfin à mes proches, à mes parents, à ma femme, à mes enfants, combien je suis heureux de pouvoir leur apporter aujourd'hui un motif de joie et de fierté, en compensation des multiples sacrifices qui leur ont été demandés "au nom de la science" et qu'ils ont si généreusement consentis. Cette joie et cette satisfaction que je ne puis cacher seraient cependant vaines et vides de sens si je ne m'enpressais d'y associer tous ceux qui y ont contribué. Et en tout premier lieu, les Institutions qu'héberge cette maison : la Fondation Universitaire, le Fonds National de la Recherche Scientifique, la Belgian American Educational Fondation, ainsi que les divers organismes qui en sont issus : la Fondation Francqui, la Jeunesse Intellectuelle, l'Institut Interuniversitaire des Sciences nucléaires, le Fonds de la Recherche Scientifique Médicale - et j'en passe - dont l'action vivifie constamment l'effort scientifique de notre pays et vis-à-vis desquelles j'ai contracté personnellement une immense dette de reconnaissance que je suis heureux de pouvoir proclamer publiquement aujourd'hui. Comment ne pas évoquer ici le "Discours de Seraing" et l'illustre mémoire de ce monarque éclairé que fut le Roi Albert ? Comment ne pas mentionner, dans un passé plus récent, la Commission Royale présidée par le Roi Léopold III, qui vient de doter la Belgique de nouvelles institutions destinées à promouvoir son essor scientifique ? il me faudrait citer encore bien d'autres noms, mais je ne puis abuser de votre temps et je voudrais simplement exprimer aujourd'hui mes sentiments de profonde reconnaissance à tous ceux qui ont créé et fait vivre cette Maison, qui est devenue un véritable symbole de notre vie scientifique, et en particulier à celui qui, depuis tant d'années, en est en même temps la cheville ouvrière et l'âme. Je me tourne ensuite vers mon Alma Mater, vers cette Université plus de cinq fois centenaire, à laquelle j'ai le bonheur d'avoir fait mes études et d'être rattaché depuis ; vers celui qui depuis vingt ans préside à ses destinées et en supporte les charges écrasantes et sans cesse croissantes. Vous étiez Vice-Recteur, Excellence, lorsque pour la première fois, je fus appelé à votre bureau comme jeune étudiant. Depuis lors, vous avez reçu de nombreuses visites - peut-être même êtes-vous arrivé à les redouter - de ce quémandeur importun et persistant que je suis devenu, et que jamais, d'ailleurs, vous n'avez laissé partir les mains vides. Permettez-moi de vous remercier de votre générosité et de votre confiance. Ma dette de reconnaissance serait déjà bien lourde, mes mérites bien amenuisés, si j'arrêtais ici mon bilan. Et cependant il me reste à inscrire au débit deux postes dont l'ampleur rend véritablement insignifiant tout ce qu'on pourrait être tenté de mettre à mon crédit. Il y a d'abord ce que je dois aux Maîtres qui m'ont formé. Je ne puis les nommer tous, mais je tiens à mentionner au moins le nom du Professeur BOUCKAERT, qui m'ouvrit il y a vingt-cinq ans les portes de son laboratoire, me donnant ainsi non seulement le bénéfice quotidien de son érudition, mais en outre l'exemple des plus hautes vertus scientifiques, l'intégrité, le respect de la vérité, le désintéressement et l'abnégation; celui du Professeur MAISIN, qui m'accueillit durant les années difficiles de la guerre et me fit participer ainsi à son dynamisme optimiste et enthousiaste que la fréquentation d'un des plus grands fléaux de l'humanité n'a pas réussi à ébranler; ceux des Professeurs Hugo THEORELL à Stockholm, Carl et Gerty CORI à St.Louis, qui m'initièrent aux disciplines exigeantes de la biochimie moderne et m'accordèrent en même temps le soutien inestimable de leur amitié. Rien n'est plus enrichissant dans la vie d'un homme que le contact d'êtres supérieurs et force m'est de reconnaître qu'à ce point de vude j'ai été véritablement comblé. Je l'ai même été doublement, car, après avoir tant reçu de mes Maîtres, j'ai continué à recevoir autant de mes élèves et de mes collaborateurs. Je voudrais avoir plus de temps pour pouvoir les nommer tous et souligner pour chacun les qualités exceptionnelles qui en font un élément irremplaçable de l'équipe qu'ils ont formée. Je ne puis le faire, mais je voudrais cependant que l'on sache que c'est leur oeuvre qui est couronnée aujourd'hui. La meilleure preuve en est que je n'ai jamais signé seul que des revues d'ensemble ou des mises au point. Tous les travaux originaux de mon laboratoire ont été écrits en collaboration. Et me voilà, dépouillé de tous les titres qu'en examen superficiel aurait pu me faire attribuer, mais riche d'une expérience humaine incomparable, riche - oserais-je dire - d'une multiplicité de dettes, à laquelle vient de s'en ajouter une nouvelle, particulièrement lourde. Je ne puis, en réitérant mes remerciements, que prendre l'engagement d'essayer de rendre au moins une petite partie de tout ce qui m'a été donné. * * * |
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