|
|
Fondation
Francqui-Stichting |
||
|
|
Curriculum Vitae - Rapport du Jury - Discours
|
||
|
Curriculum Vitae (21/11/1903 - 05/05/1983) Né à Dinant, le 21 novembre 1903 Diplômes universitaires :
Docteur en philosophie et lettres (philologie
classique), Université Catholique de Louvain, 1941 Professeur ordinaire à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université Catholique de Louvain : langues d'Extrême-Orient et études bouddhiques Curriculum vitae :
Maître de conférences à
l'Université Catholique de Louvain, 1932-1934 Distinctions scientifiques :
Lauréat du Concours universitaire,
1930 * * * Rapport du Jury (11 avril 1953) Vu l'article 10 du règlement organique, soucieux de perpétuer le souvenir de l'hommage rendu par le Jury du Prix Francqui 1953 à Monsieur le Chanoine Etienne LAMOTTE, Professeur à l'Université Catholique de Louvain, considérant l'ampleur des recherches effectuées par lui dans des domaines particulièrement ardus de l'orientalisme, considérant l'excellence des éditions et traductions, richement commentées, qu'il a fournies de plusieurs grands textes inédits, considérant la nouveauté et l'importance des résultats qu'il a obtenus touchant l'origine et l'évolution de la pensée bouddhique, décide de faire frapper une médaille d'or au nom de Monsieur le Chanoine Etienne LAMOTTE. Jury international dans lequel siégeaient :
Le Professeur N.
Hohlwein
Le Professeur Ch. Balic
Le Professeur F. De
Visscher
Le Professeur G.
Lagarde
Le Professeur Ph.
Meylan
Le Professeur R. Piret
Le Professeur L. Renou
Le Professeur W. Seston
Le Professeur D.R.
Shackleton-Bailey
Le Professeur P.
Vignaux * * * Discours du Baron Holvoet, Président de la Fondation Francqui Sire, La Fondation Francqui est profondément reconnaissante au Roi de bien vouloir, comme l'an dernier, et fidèle aux traditions de la dynastie, procéder à la remise solennelle de son prix annuel. Le Prix était réservé, cette année, aux sciences humaines. Pour la première fois depuis que la Fondation existe, le jury n'a pu se mettre d'accord et les voix se sont réparties en nombre égal sur deux noms : cinq à Mademoiselle Préaux, cinq au Chanoine Lamotte. Le règlement de la Fondation avait prévu cette éventualité; le prix est alors distribué au plus jeune. Ce règlement ne peut être soupçonné de galanterie, c'est par le bénéfice du plus jeune âge que Mademoiselle Préaux a été proclamée : Prix Francqui 1953. C'est la première fois que cet honneur échoit à une femme. Mademoiselle Préaux, après de brillantes études, a été aspirante du F.N.R.S. et est devenue professeur à l'Université de Bruxelles. Elle est chef de section à la Fondation Egyptologique créée sous les auspices de Sa Majesté la Reine Elisabeth. Son oeuvre, consacrée à l'étude des papyrus, fait revivre l'ancienne civilation égyptienne sous ses aspects les plus divers; je cite au hasard : les droits de l'état, l'économie dirigée, la liberté du travail, le recensement, sans oublier la musique et la poésie.
Elle publie des livres, fait des
conférences à Rome, à Londres, à Paris, à Alexandrie, au Caire; elle
écrit des articles dans des revues spécialisées....... Le Conseil d'Administration a tenu à rendre également un hommage exceptionnel au Chanoine Lamotte, présenté ex aequo par le jury, et que son âge seul a écarté. Le Chanoine Lamotte a passé de brillants examens et a été lauréat de concours universitaires. Les langues orientales l'ont attiré, il a fait des séjours à Rome, à Paris; est professeur à l'Université Catholique de Louvain où il préside l'Institut Orientaliste. La philosophie de l'Inde, le sanscrit, le tibétain, le chinois, n'ont pas de mystères pour lui. Il a publié de nombreux ouvrages et collaboré à de multiples revues. Tout récemment encore, je l'entendais faire à l'Académie Royale de Belgique, une savante étude sur une mission boudhique en Chine. La Fondation Francqui a donc décidé de faire frapper, en un exemplaire unique, une médaille d'or qui perpétuera pour son titulaire le témoignage flatteur dont il a été l'objet. Dois-je dire, enfin, que le jury comprenait sept membres étrangers sur dix; les noms de Mademoiselle Préaux et du Chanoine Lamotte ont donc porté bien au-delà de nos frontières, la réputation de nos savants. Avec la permission du Roi, Monsieur Willems va donner lecture successivement des deux décisions prises par le Conseil d'Administration. * * * Discours du Professeur Etienne Lamotte Sire, L'Auguste présence de Sa Majesté le Roi à cette cérémonie m'émeut profondément; Son souvenir demeurera gravé dans mon esprit et dans mon coeur. Daigne Votre Majesté agréer l'humble hommage de ma reconnaissance. Sire, Monsieur le Président, Permettez-moi d'exprimer à Messieurs les membres de la Fondation Francqui ma très vive gratitude pour la flatteuse distinction qu'ils ont bien voulu m'accorder. Leur geste me touche d'autant plus profondément que je n'ai guère conscience d'avoir mérité pareil honneur. Lorsque le démon de la curiosité s'empare du chercheur, le d'échiffrement des textes sanskrits, des xylographes tibétains ou des caractères chinois ne réserve que joies et satisfactions; les premiers efforts sont bientôt récompénsés par l'ivresse de la découverte. Mais que ces travaux m'aient valu par surcroît la bienveillante sympathie des plus hautes autorités scientifiques, voilà qui révèle la hauteur et la qualité de l'humanisme...... Le prix conféré à ma savante collègue, Melle Préaux, est un juste hommage rendu à son talent et à ses mérites : c'est aussi la reconnaissance tacite de la dette que nous avons contractée à l'endroit de l'antiquité classique dont nous sommes les tributaires et les héritiers. Chez nous, la connaissance du monde gréco-romain va de pair avec les progrès de la civilisation. Cependant, dans un monde où les distances sont supprimées, les foules orientales se pressent aujourd'hui à nos portes. Elles aussi ont leur passé et leurs traditions, leurs philosophies et leurs religions. Il importe d'en dégager l'esprit si l'on veut travailler efficacement au rapprochement entre les peuples, idéal suprême de l'humanisme. En me conférant, par une mesure exceptionnelle, une médaille d'or que la Fondation Francqui a fait frapper à mon nom, cette Institution a voulu encourager ceux qui se penchent sur ces antiques civilisations avec une curiosité doublée de sympathie. Les distinctions qui me sont octroyées prouvvent qu'à côté des philologues classiques, les orientalistes ont leur place dans la sciences belge. Elles montrent aussi l'estime où sont tenues ces recherches désintéressées qui, sans entraîner de progrès matériels ou techniques, sont néanmoins de nature à enrichir notre patrimoine humain. En mon nom personnel et en celui de tous les orientalistest, j'adresse mes plus vifs remerciements à la Fondation Francqui dont les judicieuses interventions ont si brillamment concouru avec celles de la Fondation Universitaire et du Fonds National de la Recherche Scientifique à promouvoir le développement des études des intéressés dans notre pays. * * *
|
|||